La cote de ZAMBALES et le TSUNAMI

-le 9/03- pour la dernière semaine avant le grand retour vers la France, nous filons vers le nord de Manille sur la cote de Zambales  (ressemblance avec notre cote atlantique, plages immenses) qui attirent les surfeurs à la période des belles vagues. Ceci par le bus de la Victory Liner direction Olongapo, puis changement pour San Antonio. La Victory Liner, c’est du sérieux: beaux bus climatisés-parfois trop climatisés- départ à l’heure, tarif en conséquence… Partis vers 9h30 de Pasay, nous arriverons vers 15h sur le village côtier de Pundakit, après avoir fait les derniers 4 kms en tricycle.

bateaux sur la plage de Pundakit

La large plage de Pundakit est envahie par les bateaux de peche et offre de nombreuses possibilités de couchage. Nous atterrirons chez Kevin, l’américain fou, au feeling parce que sa maison nous plaisait et qu’il était debout dans sa véranda, regardant le large. Nous dormirons donc dans une hut, petite construction minimaliste en bambou sur pilotis, toit en kogon (chaume local), 2m sur 2m40, face à la mer avec une table et banc en bambou; sanitaires communs mais nous sommes tout seuls; nous descendons dans la classe hotelière mais le prix aussi baisse: 500p la nuitée soit 8 euros, ça nous convient. Nous passerons 3 jrs au Surf et Sun resort, avec le beau temps.

notre kogon hut á Pundakit

Notre américain s’appelait K. Devine, cela ne s’invente pas; on sentait qu’il était content de nous voir et de parler; ici, le touriste étranger semblait rare en ce moment. Comme beaucoup de gens rencontrés dans notre périple, il sortait de la norme: vétu d’un unique bermuda, il était en permanence torse nu et allait pied nu à la ville comme à la montagne; il était coiffé d’une courte natte de cheveux blancs, postérieure et médiane, tressée serrée avec minutie, de celle que l’on voit dans les films de pirates. On le nommait  »the crazy american ». Notre américain avait pas mal bourlingué: après plusieurs unions, il avait eu un fils, agé aujourd’hui de 22 ans et qui vivait à Boston. Un jour, K décida de s’installer sur Pundakit pour monter sa petite entreprise; maintenant il vivait avec une jeune philippine de 23 ans: celle-ci avait déja une jolie gamine de 2 ans que notre américain élevait avec poigne et tendresse. Quand K repartait aux E.U., c’était pour gagner un peu d’argent en remuant la pelle et la pioche dans le batiment. Entourés de ce petit monde, nous organiserons notre vie pour quelques jours autour d’une table commune: repas, parties de carte…

Le lendemain, lever à l’aube: à 7h, départ à la fraiche avec Kevin en direction des collines en suivant le lit desséché de la rivière pour atteindre au bout de 45 mn les swimming-pools, des baignoires naturelles où on pouvait faire trempette; Kevin était toujours pieds nus, torse nu, et était équipé de 2 haltères pour muscler ses bras tout en marchant (vous comprendrez mieux pourquoi on le nommait l’américain fou); cout de la randonnée: 30p/personne pour 90 mn de rando, soit 0,50 euro, meme le prix était fou.

promenade avec kevin

promenade avec kevin

Revenus à 9h au village, nous avions le temps de nous organiser pour nous rendre à Anawangin Cove, jolie anse isolée à une heure de bateau pour pique-niquer et jouer à R Crusoe. Tout est prévu pour résider sur place: possibilité de camping, toilettes et douches communes aménagées avec eau de recup, pas d’électricité mais location de lampes à pétrole, propreté garantie et charte de respect de la nature de la part de la municipalité, du jamais vu; mais ne pas oublier de venir avec les courses…ici pas de grandes surfaces. Peu de cocotiers en raison de la sécheresse, surtout des pin-trees (le filao des antilles, espèce de conifères). Si ça vous dit…La mer s’étant levée entre temps, suivant la cote rocheuse au plus près, nous rentrerons trempés. Demain direction Aglao, le lac Mapanuepe et la population des Aetas, dans les montagnes…

plage comme déserte: Anawanguin cove

plage comme déserte: Anawanguin cove

-le 11/03. Réveil de bon matin; Marie la cuisinière nous conduira en tricycle a San Fernando; un petit tour sur le marché superbe de produits frais (crevettes et poissons encore frétillants) pour préparer le casse-croute du midi. Ce sera pain aux sardines + kamatis (tomates locales) croque au sel et calamansi (citron local) + saging (bananes) + tubig (eau) car il va faire chaud. Nous croiserons quelques aetas, petits individus à peau noire et cheveux frisés faisant songer à des pygmés, encore appelés  »négritos », petits noirs. Puis bus 10 mn vers San Marcelino, enfin jeepney pour 13 km de piste: nous longerons de larges fleuves de sable gris, de ponce et de lahar charroyés depuis les pentes du Pinatubo. Arrivée à Aglao vers 11h30, village calme et propre à flanc de montagne descendant vers le lac Mapanuepe; nous mangerons sur ses rives et nous assisterons à l’arrivée d’une embarcation: une femme aéta son nourrisson dans les bras accompagnée de son fils bras en écharpe en débarqueront en silence. Nous aurions aimé traverser le lac pour approcher les villages aétas, mais ça ne s’est pas fait. Une prochaine fois peut etre…

lac Mapanuepe

lac Mapanuepe, au pied du Pinatubo

Le village est particulierement calme et propre, un peu partout des poubelles à tri selectif (un balbutiement de conscience écologique). Nous croiserons juste Elisabeth, une filipina qui avait travaillé aux Emirats et qui était revenue au pays: nous avions soif et elle nous apportera de l’eau. Pas de circulation: le prochain jeepney pour le retour est annoncé pour 16h. Nous décidons de ne pas attendre et de prendre les devants: nous suivrons la piste pendant 2 heures, admirant le fleuve de cendres; nous croiserons quelques habitats aétas: ce peuple vit dans de petites maisons en bambou avec pas grand chose. Nous attraperons le jeepney au vol à 5km de l’arrivée… A San Fernando, Kevin, son amie et la moto nous attendaient.

Kevin a un accent americain très prononcé, nous avions du mal à le comprendre d’ordinaire; mais là nous devinions que la situation était grave: son fils lui avait téléphoné de Boston pour lui signaler le séisme japonais et le risque de tsunami pour nous. Nous étions assez confiants quant au positionnement de notre plage face à une vague éventuelle: située sur la cote ouest, elle était plutot à l’abri; la cote est de Luzon était par contre exposée. Quelle attitude adoptér ? D’un commun accord, nous décidons de gagner notre plage et de nous rendre sur le net pour obtenir des infos. Le Gouvernement philippin ne semblait pas inquiet-apprendrons nous- et lancait une alerte et appel à la prudence sur les cotes orientales et sur Manille, les zones les plus exposées…Nous trouverons des messages d’inquiétude, notre fils Thibault fut très réactif et nous encourageait à la prudence: « faites gaffe, tsunami…c’est peut etre le moment d’aller à la montagne ». La montagne!! on en revenait justement. D’ autres messages: « où etes-vous? Je suis inquiète », « grimpez haut », « ça m’inquiète, j’espère vous revoir bientot », « revenez vite »…puis de nombreux messages de soulagement après que nous ayons donné des nouvelles rassurantes. Ca a du bon internet, tout de meme!!

table d'hotes et petit dej en quelque sorte

table d’hotes et petit dej en quelque sorte

Sur la plage, pas de signe de panique chez les pecheurs: seules les embarcations seront tirées plus haut sur la grève; et nous dormirons sur nos deux oreilles. Le lendemain, la vie reprendra et dès 6h les pecheurs iront en mer à la peche ou convoyer des touristes sur les iles voisines. 220.000 personnes auront été malgré tout déplacées, des vagues de 0,50 à 1m atteindront les cotes pacifiques du pays, sans gravité. Ce ne sera pas le cas du Japon…Demain, nouveau départ vers Botolan. Grand soleil toujours.

coucher de soleil sur les Capones en attendant un éventuel tsunami

coucher de soleil sur les Capones en attendant un éventuel tsunami

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