RETOUR A CARABAO

A Ondiongan, nous prendrons un collation au Lyn’s, le seul café digne de ce nom; a coté de nous un vieux couple filippin cherche à engager la conversation; c’est un peu difficile: le vieux monsieur nous dit: » vous etes francais? »-oui. Je finis par comprendre qu’il me parlait de Charles de Gaulle, puis de la Marseillaise; il se mit alors à nous fredonner l’hymne national français , et là au milieu du Lyn’s bar, je faillis me mettre au garde à vous.

La famille insistant, nous passerons la soirée et la nuit à Libertad: RUEL, le frere de Amor, nous présentera son nouveau business, la vente de popcorn à la sortie des écoles, 5p le sachet , parfumé au fromage c’est plus cher soit 7p ; il nous avouera gagner 1000p par jour, sans les frais…Tres fier, il insistera pour nous offrir un sachet de popcorn. Il faut faire preuve d’esprit inventif aux Phils pour gagner quelques pesos.

Christine en discussion avec Tatay,… en tagalog

Le lendemain, temps acceptable, nous quittons Libertad au regret de la famille pour essayer d’attrapper la bangka de Santa Fe pour Carabao que nous louperons suite a differents évenements, nous obligeant a dormir sur place. Santa fe, encore un joli port de mer: nous dormirons á la maison bleue, logement plus que sommaire, doté d’une terrasse fraiche  face a la mer, négocié à 300p, (la modeste somme de 5e) jamais nous ne serons tombés aussi bas; nous serons sous bonne garde , car notre voisin de chambrée est le garde-cote.

Avec l’arrivée de la pluie et du vent , notre maison prendra l’eau pendant la nuit, la toiture étant percée, heureusement la chambre sera épargnée. La traversée va etre musclée , sans doute.

Au matin, nous nous présenterons à l’embarquement; des gens attendent depuis 4h, arrivés de Manille via Ondiongan par le ferry de nuit. Nous sommes déja 12 passagers dont un nourrisson de quelques mois. Vers 9h, surprise, une petite bangka arrivera de Carabao, la grande bangka habituelle étant en réparation suite à des dégats occasionnés par le dernier coup de vent.

notre petite bangka: embarquement pour Carabao

Vers 9h30, le chargement des marchandises et des bagages commencera, suivi d’ une moto, de fer à béton, des caisses de bière et de coca…; enfin les passagers, puis d’autres marchandises et d’autres passagers juste descendus  du dernier jeepney. Le bateau prendra la mer bien chargé; une fois en pleine mer, la pluie s’abattera sur cette coquille de noix: l’équipage nous fournira une bache pour nous protéger et la solidarité s’organisera en pretant des parapluies aux plus exposés. La mer se creusant, notre pilote fera preuve d’adresse en négociant les vagues au mieux nous épargnant ainsi les embruns.

Le plus spectaculaire sera l’arrivée: le bateau s’échouera sur la plage les vagues dans le dos et l’équipage organisera le débarquement en portant un à un les passagers jusqu’au sable ferme; ceux qui s’aviseront de débarquer par leur propre moyen seront trempés jusqu’à la taille ou renversés par les vagues. Le nourrisson sera débarqué de meme avec grand soin sous les regards amusés de la population: il n’aura pas poussé le moindre cri durant la traversée.

débarquement par porteur spécial

Nous débarquerons chez notre amie Helen sans crier gare, en effet impossible de la joindre par tel (on apprendra qu’elle a perdu son portable). Faute de moyen, le Carabao lodge est en perte de vitesse, mais Helen nous logera malgré tout…dans les appartements de son boss: un magnifique appartement en marbre au sol et boiseries sculptées, salle de bain immense et chambre de 50m carré pour une somme dérisoire que nous tairons pour ne pas vous rendre envieux. Nous resterons là quelques jours avec le soleil revenu. Carabao demeure une de nos destinations préférées.

Apres 3 séjours sur cette ile, les gens nous reconnaissent et nous interpellent: l’un deux sera fier de nous presenter son dernier business (en famille avec femme et enfants), la culture et la vente de Agar; il place donc des filets dans l’eau et en 2mois et demi, les algues agar-agar s’y fixent, se développent et sont bonnes à ramasser; apres, il faut les secher et les reduire en poudre; cout final 80p par kilo, cela me laisse pantois.

Carabao a du mal à décoller malgré ses atouts, nous y croiserons peu de touristes. A 2  encablures, Boracay (près de 300 hotels) est submergée de coréens et russes, les nouveaux riches de l’est. Nous ferons la connaissance d’ un jeune couple franco-suisse, repreneur de l’unique centre de plongée de l’ile; ils semblent expérimentés….si cela vous tente.

Boracay et les coreens

Le 8 janvier, nous quitterons Carabao sous la pluie revenue, direction le sud. Notre projet en gros, est d’atteindre les Camotes et de remonter vers Manille en passant par LEYTE, SAMAR et le sud LUZON.

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