LA CORDILLERE ET MOUNTAIN PROVINCE/LUZON: on n’ira pas.

Le 17/02: départ pour le nord vers la cordillère et les rizières en terrasses, une des merveilles du monde; nous espérons un temps propice.

Nous avons loué une voiture pour une semaine et quitterons Manille  le 17/02 à 6h du mat pour Baguio; circulation un peu difficile dans la première 1/2h; le temps annoncé est désastreux pour la saison: couvert avec pluie pour plusieurs jours. La voiture est une Toyota  Vios 1,3l de 2007 avec 80000kms, bien entretenue, aux vitres extra-fumées comme ça se fait aux Phils, de ce fait nous avons eu du mal à nous y habituer : Christine a dit qu’elle avait l’impression d’etre dans un cercueil et moi j’avais l’impression de conduire dans la nuit, au début je conduisais vitres ouvertes pour y voir clair.

Nous mettrons malgré tout 6h30 pour atteindre Baguio, à 250kms. Baguio, 300000hab et plus, 1490m d’altitude, température fraiche, activité débordante; à Baguio toutes les rues sont en pente, on ne connait pas le plat, il faut savoir démarrer en cote sinon on ne vient pas ici. Par ailleurs que vient-on chercher dans la ville des 1000 collines? Ville de villégiature, on vient y chercher la fraicheur; elle est réputée pour ses fruits variés, fraises, framboises, myrtilles,raisins, oranges..etc..son chocolat,son mountain coffee… ses fleurs et l’artisanat des peuplades des montagnes: tissus, travail du bois, du raphia..etc. Faire le marché couvert de Baguio vaut vraiment le coup. On achetera aussi un parapluie car la pluie est toujours là.

BAGUIO et les pins de Benguet

Baguio est aussi le passage obligé pour se rendre aux villages haut-perchés de la cordillère et des rizieres en terrasses; la méteo annonce du mauvais temps pour plusieurs jours et devant la pluie et la crainte de la conduite dans le brouillard (il faut passer par un sommet à 2500m) nous décidons de filer vers la cote direction VIGAN. Nous reviendrons lundi avec de meilleurs conditions, nous l’espérons.

costume traditionnel des montagnes

Ah, VIGAN, une des plus belles villes des Philippines, 47000 hab seulement, au patrimoine conservé. Malgré une bonne route, nous mettrons 5h pour faire 200kms, impossible d’augmenter la moyenne; nous arriverons fatigués mais Vigan ça se mérite: nous passerons devant sans la voir. 8km plus loin, nous reviendrons sur nos pas. Nous dormirons à l’hotel de la Cordillère, dans une des nombreuses demeures anciennes de la ville, ambiance espagnole, vieux meubles et lustres aux plafonds. Nous garerons l’auto dans l’hotel meme: c’est la première voiture que je connais qui passe la nuit à l’hotel sans payer la nuitée.

le Cordillera et son lustre

le Cordillera et son baldaquin

notre Vios au pied de l’escalier de l’hotel: les filipins nous étonneront souvent.

La ville est batie de façon geometrique, rues pavées perpendiculaires, autour d’une place, la plaza Burgos et d’une église peu jolie, massive afin de resister au tremblements de terre. Les maisons ont un aspect mexicano-espagnol étrange. Et pour cause, ces maisons ont été baties au 19e siècle par de riches marchands chinois et le style est un mélange d’inspiration mexicaine , chinoise et locale filipino-espagnole dont des vérandas fermées par des fenetres coulissantes en capiz ( le capiz est un bivalve genre huitre -coquille st jacques qui remplace avantageusement le verre et donne un aspect nacré).

maison typique de Vigan

Le quartier ancien, inscrit au patrimoine mondial, porte le doux nom de Mestizo District. La municipalité a eu la riche idée de créer quelques rues piétonnes, assez rares aux Phils pour etre signalé, tres agréables. Quand toutes ces maisons seront restaurées, la ville sera superbe. Pas mal de maisons ancestrales proposent hotelleries  , hébergements divers et restaurations .

notre calesa dans le vieux quartier

Les spécialités locales sont la fameuse longanissa de vigan (que tout le monde connait… non? ah, bon-je connais surtout celle de catalogne) que nous n’avons pas testée; l’empanada, délicieuse pate de riz fourrée de viande, oeuf, legumes et papaye, puis frite à l’huile: héritage culinaire espagnol. Autres spécialités de la région d’ILOCOS, le tabac (philip morris est présent) le tissage de l’abel, espèce de cotonnade, la poterie, la vannerie, le raphia….Possibilité aussi de faire le tour de la ville en calésa, calèche tirée par un petit cheval, pour 150p/heure, ce que nous tenterons: notre couillon de conducteur prendra des initiatives et nous fera faire plus de route que de vieilles ruelles et nous embarquera pour plus d’une heure; une ballade sympa finira en  prise de tete car il nous fallait aussi quitter l’hotel et reprendre la route. Les chauffeurs sont nos ennemis, tous des roublards; toujours les avoir à l’oeil et fixer fermement les prix…

Christine étant de plus en plus angoissée et effrayée, à l’idée d’emprunter la HALSEMA  road, route étroite et sinueuse, longeant des précipices, nous renoncerons  en final à ce projet pour continuer la route vers LAOAG et PAGUDPUD. En plus, mauvais temps persistent.

Sur la route de LAOAG, nous visiterons la magnifique église de PAOAY, classée au patrimoine mondial, dans un joli village calme et propret.

l’église de PAOAY et son clocher attenant

église de PAOAY : détails

Plus au nord, Laoag est déja une grosse ville tres animée; souvent présentée comme une ville sans intéret, nous l’avons trouvée plutot sympathique. Il est vrai que nous avons trouvé un excellent couchage, bon rapport qualité-prix, à l’écart du bruit et du trafic: je vous donne le nom si ça vous tente: le Palacio de Laoag, paterno street, avec piscine et breakfeast included pour le prix négocié de 1350p.

Nous prendrons nos repas et collations  à l’amusant et étonnant snake-bar, le MACY’S DINER, déco des années  US 1950 ( ça me rappellait le premier snack où nous allions manger avec nos parents dans les années 60) bonne musique des beatles 62-63..etc

Le Macy’s diner à Laoag, on adore…

Que faire à Laoag? : visiter la cathedrale Saint Guillaume (St William’s Cath.) assez jolie à l’intérieur, moins belle à l’extérieur et son étonnant clocher en brique, à l’écart comme souvent ici ; ce dernier s’enfonce progressivement dans le sol meuble au point que un homme debout ne puisse en franchir la porte.

intérieur renaissance local ds St Guillaume cathedrale: volets en capiz

A signaler le  musée digne d’intéret d’ Ilocos Norte, installé dans un antique entrepot de tabac tout en brique ( la brique et poterie étant une des spécialités locales) et proposant une collection intéressante d’objets usuels des peuplades de la région, ilocanos, itnegs et autres igorots: nous ferons une jolie visite. Quelques vieilles maisons aussi…

costumes traditionnels, musée de Laoag

Le 20/02, nous partirons vers midi pour PAGUDPUD et ses belles plages du nord; la route est belle, de moins en moins de trafic, de plus en plus de nuages; sur le bord de route, de nombreux marchands proposent de l’ail, des tomates bien rouges, des oignons, échalotes à prix ridicule, du sel de Pasuquin, du vinaigre et vin de canne à sucre (Basi non testé)…et curieusement des bonzais…,  je vous conseille de venir faire vos provisions ici. Nous croiserons aussi deux hommes transportant par les pattes un chien au museau ficelé au fil de fer; il allait passer un mauvais moment: les habitants d’ILOCOS, les ilocanos, ont la réputation d’apprécier cet animal.

étals en bord de route: sel, ail, oignon, vinaigre de canne….

Nous ferons un petit détour pour admirer à meme la plage le champ de windmills        ( moulins à vent ou éoliennes) de BANGUI.

champ d’éoliennes de Bangui par un temps de chien

Nous ferons une petite pause sur saundbeach sous un léger rayon de soleil pour se trouver un couchage: si la plage peut etre qualifiée de jolie, les resorts, gros batiments en béton, nous ont semblé en general peu attrayants et chers; d’ailleurs il n’y avait pas grand monde et personne dans l’eau, plutot tres fraiche. Nous finirons par dénicher un native breezeroom comme nous aimons pour 800p, tarif basse saison, au Britanya; nous demanderons juste une couverture pour la nuit, sans rire.

éclaircie sur la Saund beach- Pagudpud. Il y a quelqu’un?

Ceci fait, nous pousserons une pointe jusqu’à la célèbre Blue Lagoon beach, nous la trouverons battue par les  vents et sujette aux déferlantes.Nous descenderons bien couverts jusqu’à Batay Abot cave, un rocher percé. Nous jetterons un oeil à los  dos hermanos islands, 2 rochers identiques, et nous trouverons les lieux plutot défigurés par l’important complexe du Hanna’s beach resort, dommage!!

blue lagoon et los dos hermanos au loin

Bretagne?… non, Luzon nord: abot cave

Apres 700 kms et apres avoir touché le point le plus septentrional de LUZON, nous rebrousserons chemin, du vent plein la figure, sans avoir le courage de jeter un oeil au Kapuluan Vista resort, pourtant un des beaux hébergements de la région.

rencontre vers BLUE LAGOON

Le lendemain, nous reprendrons la route à 6h30 pour entamer le retour; sur le chemin, les plages un peu fades de San Fernando-La Union ne retiendront pas notre attention. 12h apres et 500kms plus loin, à la nuit tombée, nous atteindrons Lucap et le Milagro déja fréquenté en décembre; l’unique raison étant que nous voulions retourner au « Maxine by the sea », l’excellent restaurant de l’endroit . Nous commanderons de nouveau les memes plats, c’est à dire un oyster’s kinilaw (huitres crues au vinaigre, citron,gingembre, piment…servies juste tièdes)  et un seafood kare kare (fruits de mer et poissons à la purée d’arachide et quelques légumes juste cuits) un délice!! On ne peut que recommander ce lieu, prix raisonnable, plats très copieux…

kinilaw à 190p soit 3e50 : nous avons estimé 60-70 huitres décortiquées dans le plat .   kare kare à 390p soit 7e, bon pour 2-3 personnes. Si ça vous tente , c’est sur le port.

Apres une mauvaise nuit, assez chaude, prets à partir de bonne heure vers Manille distante de 250kms. Bong, notre boatman de décembre viendra bavarder et prendre de nos nouvelles avant le départ. Vers 10h, nous serons au niveau de Candelaria et l’ile de Potipot, chaudement recommandé par le suisse M Zoller: nous irons sur la plage, Potipot est à 2 pas au large, on pourrait y aller à la nage.

arrivée sur Potipot

Nous décidons d’y passer la journée, question de changer de la conduite auto , faire de la plage et profiter du soleil revenu. 5mn plus tard, muni d’eau, de pain, d’une boite de sardines Century et de mangues, nous poserons pied à terre. Sur l’ile, pas de boutiques; ni personne en dehors des gardiens; compter 400p pour le bateau et 100p/tete de taxe d’entrée. Grand soleil, mer chaude: nous profiterons de cette petite ile coralienne minuscule dotée de modestes hébergements; on peut y passer la nuit mais prévoir son manger, son éclairage et… son couchage pour 300p chacun.

notre plage abandonnée sur Potipot sous le soleil revenu

Nous resterons là jusqu’à 4h: plage, farniente, baignade, sieste, lecture, tour de l’ile…tel R. Crusoe. Puis retour à la cote.
Un petit bémol: malgré les 200p de taxe d’entrée consacrée en principe au maintien de la propreté et respect de l’écosysteme des lieux, nous avons trouvé que cela aurait pu etre mieux nettoyé, de nombreux mégots et bouteilles etc trainent par ci et là. Et il parait que c’est encore pire et infernal, certains we et vacances; donc si vous comptez y sejourner, choisissez bien le moment. Sinon, ça vaut le coup d’y passer une journée ou une nuit.

Les hotels de l’endroit ètant un peu chers (et bien que vides pas de promo) nous décidons de poursuivre un peu plus loin sur Iba vers le West Coast, dans nos prix et surtout qui possède un super bar sur la plage: on peut y prendre un cocktail face au coucher de soleil sur la mer de Chine, entourés de retraités scandinaves. Mais quand nous arriverons, plus de bar, emporté par le dernier typhoon d’octobre, la mer avait rongé une dizaine de mètres. Nous prendrons bien un cocktail mais ce n’était plus pareil; les scandinaves continuent à descendre tous les soirs pour leurs bieres, on leur a installé un petit coin vers la piscine…

Dernier jour, depart vers 6h apres une mauvaise nuit trop chaude, pas d’air…dernier arret au marché de Pundakit pour acheter des crevettes fraichement péchées et un kilo de mangue de zambales, les meilleures du monde d’après les locaux. A 11h, nous serons à Makati; avec une nouvelle crève genre laryngite cette fois-ci…ne vous moquez pas. A 4h, quand nous ramenerons notre toyota, le staff paraissait soulagé de nous revoir; mais quand il verra le kilométrage, 1700kms, il sera sur le c.l. La Vios, elle avait mouliné: 300kms de dépassement sur les 1400kms prévus au départ. Nous leur dirons à la prochaine, mais là le staff nous apprendra que, au dela de 65 ans, obligation de louer avec un chauffeur; ça m’a fait un choc et j’ai pensé à tous nos anciens qui conduisent en France…si on leur recommandait un chauffeur…Je vais peut etre mettre christ au volant, c’est une solution.

Bon, la région d’Ilocos c’est moins palpitant que la cordillère mais nous aurons la confirmation que les conditions météo avaient été mauvaises sur les montagnes, pas mal de glissements de terrain…Donc à refaire par temps meilleur.

circulation dans Manille

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