DERNIERE SEMAINE: REPOS SUR TALIPANAN

Pour la dernière semaine, nous avions projeté d’aller sur l’ile de Marinduque. Mais au moment du départ, apres une mauvaise nuit due à la rhino-pharyngite-laryngite…je n’ai pas eu le courage de prendre la route pour 7h encore vers cette ile assez éloignée. Nous partirons donc pour Puerto Galera, déja visité mais avantageusement accessible en 3-4h.

Nous résiderons au Mountain Beach resort dans un quartier que nous aimons bien, les dernières plages vers l’ouest: Tamaraw, Aninuan et Talipanan beachs. Nous ne changerons plus de lieu. Directement sur la plage, avec le soleil et la brise de mer. A peu près seuls; nous tenterons d’engager la conversation avec nos voisins hollandais, très britishs mais sans grand succès.

plage de White Beach et haut loin Talipanan

Dès le premier soir, nous fonçerons chez Lucas manger une pizza: il a la réputation d’etre la meilleure pizzéria de toutes les Phils; nous adorons la cuisine de Lucas, rarement déçus. Les jours s’écouleront doucement: repos, plage, baignade, promenade, lecture…A cette occasion la lecture du roman  »Le club des incorrigibles optimistes »  de  Jean Michel GUENASSIA sera un vrai régal. Je vous le recommande.

notre coin petit dej au Mountain Beach resort

Nous ferons quelques belles promenades le long de la plage et quelques découvertes comme le TRIBAL HILLS  resort sur Aninuan, récemment construit et dominant les plages, ainsi que El GALLEON BEACH resort sur la plage de Small la Laguna, de belle facture, à partir de 2200p la nuitée. Prendre un pot au BADLAZ, directement sur le port de P Galera, une consommation ou un plat au Puerto Galera Yacht Club peuvent se réveler des moments agréables.

vue du Tribal Hills resort

Nous découvrirons aussi sur la route de white beach, un nouveau bar sans nom, décor bambou, au tarif délicieusement bas: l’instant coffee à 10p, le coke (il faut dire coke et non coca cola pour se faire comprendre bien que cela soit écrit coco cola sur la bouteille) à 15p, le fruit shake à 40p pas mauvais du tout; et nous serons clients tous les jours..Le bar était tenu par une femme avenante; si tu commandes 2 fruitshakes, un à la banane et un à la mangue, la dame n’a pas les fruits en stock: elle envoie  une gamine à coté acheter quelques bananes et mangues ; si tu commandes 2 cokes, elle envoie vite la gamine acheter une bouteille chez la voisine car la patronne n’ a qu’une seule bouteille disponible. Un jour, on arrive et on commande 2 shakes; la gamine nous dit que ce n’est pas possible car la patronne n’est pas là; nous montrons notre surprise, du coup elle va trouver une petite voisine qui tiendra la boutique pendant qu’elle ira chercher la patronne; celle-ci finit par arriver pas tres souriante ( nous avons du la déranger, la sieste, une partie de carte…) avec des fruits car y en a toujours pas en stock et envoie la gamine acheter de la glace car dans le fruitshake, hormis le fruit, le sucre, il y a uniquement de la glace pilée. Voilà un aperçu de la petite économie: des que tu as ouvert ta boutique, et que tu as gagné 3 pesos 6 centavos, tu délègues ; ensuite tu fonctionnes à flux tendu, c’est simple quand tu n’as pas le produit tu vas le chercher chez le voisin… encore, quand tu es décidée. C’est aussi ça les philippines.

la vue depuis notre  modeste chambre

Au Mountain beach resort nous avons une chambre simple en bambou, donnant sur une terrasse commune et joli jardin, une salle de bain donnant sur l’arrière  pour 700p  prix négocié. Quand on aborde la salle d’eau, les problèmes commencent, les philippins ont un vrai souci avec la plomberie

Un ami se proposait de mettre en contact le plombier polonais avec la plomberie philippine , riche idée. Ici, la chasse d’eau est hors d’usage ainsi que le robinet du lavabo. La douche marche, mais le jet d’eau arrose la cuvette des vécés, aussi quand on s’en sert, on a toujours les fesses mouillées , c’est le grand chic local. Ce n’est pas grave en soi, il fait toujours chaud.

La, intervient le  fameux  »tabo », instrument de base de la salle de bain, une espèce de grosse louche en plastique. Nous avions les memes autrefois dans la France profonde. Dans les années 1980, on trouvait encore  » la couade » dans les fermes du Perigord ou de Correze, en métal , bois ou plastique…

exemple de plomberie philippine…authentique

Le tabo va de pair avec le bucket, le seau en plastic. Quand on prend possession des lieux, on commence par remplir d’eau le seau ou bucket en prévision d’éventuelles coupures d’eau, assez fréquentes. Avec le tabo, on peut tout faire : se doucher, se débarbouiller, rincer les wc… etc. En 3 coups de tabo, on fait une toilette complète; si tous les français se mettaient au tabo, les distributeurs d’eau auraient du souci à se faire…non!!

La plomberie est une chose, l’électricité en est une autre..et la serrurerie, je vous en fait grace… Tout cela se dégrade tres vite, l’air salin aidant.

comment fermer la porte?

Donc, nous ne bougerons plus de notre hébergement familial et nous passerons nos dernières journées à peu pres seuls avec notre staff composé d’une sourde-muette, d’un garçon un peu simple, pas bien fini , avec une voix de fausset, un autre garçon à peine mieux, homme à tout faire, jardinier- ménager et…masseur (il nous proposera ces services…); seule la manageuse sortait du lot et assurait réception, facturation, cuisine…La propriétaire regardait la télé une bonne partie du jour ou nous parlait de sa soeur qui vivait en Espagne. Je n’ invente rien…

Un soir, la proprio qui nous parlait s’écriera:  »ciel, mon mari » et foncera jusqu’à la télé et n’en bronchera plus-par crainte ???. En effet, un homme était arrivé, assez costaud; une fois assis, il commandera une bière et monologuera d’une voix déja bien imbibée, puis il commandera une séance de massage à son masseur attitré, cité plus haut. Et là, en pleine salle de réception, nous assisterons au déshabillage de notre homme somnolent et à une séance de massage d’une heure: jambes, bras et dos compris… C’est à voir. Pourrait-on voir ça dans un hotel en France?

la plage de talipanan, 2 jours avant le départ

Nous profiterons de la plage superbe de Tamaraw, un kilometre de sable blanc pour nous presque tout seuls, grace à mr A—a. Mr A, un des hommes riches du pays, était proprietaire sur cette plage d’une magnifique villa avec succursale pour les invités; bien gardée, bien surveillée, bien entretenue, elle recevait la visite de notre homme quelque fois par an, par hélicoptère ou yacht  privé . C’est ainsi que nous profitions du calme de cette plage. Grace à mr A.

La famille A , native du pays basque espagnol, débarque à Manille au cours du 19 eme siecle et s’associe , s’affilie avec la famile R d’origine mexicaine, implantée depuis longtemps, et Z d’origine allemande; création d’un consortium aux activités variées: commerce,batiment, immobilier, banque, télécommunication, transport aeronautique, eau, énergie, électronique…développement du quartier financier de Makati ,  et de Fort Bonifacio Global City après acquisition d’une cinquantaine d’hectares …etc… j’ en passe. Moyennant quoi les membres de la famille ARZ font partie des familles les plus riches du monde, citées au classement Forbes. C’est pas beau ça !! Petite précision: la famille fut aussi propriétaire du vieil aerodrome de Makati des années 1930; l’actuelle avenue A (8 voies de circulation ) fut batie, dit-on, sur la vieille piste de l’époque et on peut encore voir au coin de Makati avenue l’ancien aéroport et sa tour de controle, aujourd’hui transformé en bibliotheque.

ancien aéroport de Makati

ancien aéroport de Makati

 

batiment et immobilier à Fort Bonifacio Global City

Le quartier, vous l’avez compris, abrite toutes les ambassades, les palaces, la finance, les multinationales, le commerce de luxe, les villas de luxe..etc. Que ça doit sembler bon d’etre immensément riche dans un pays tres pauvre!!

Pourquoi mes parents n’ont pas eu l’idée d’etre propriétaire de quelques hectares à Roissy? Ca m’aurait arrangé..

 

rencontre avec une petite fille mangyan

Nous regagnerons Manille, le départ approchant: la bangka, le bus express, puis le métro, nous sommes rodés maintenant. Dans les couloirs du métro, nous passerons  devant un occidental assis par terre avec une pancarte: » je n’ai plus d’argent, plus rien à manger »; notre homme d’une cinquantaine d’année était encore propre, ses ennuis devaient être récents. Nous marchions vite avec nos sacs à dos, portés par la foule et nous avons hésité à nous arretter. Nous ne l’avons pas fait: j’ai regretté… on aurait pu lui demander quel était le problème et lui offrir la nourriture.

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