ANDALOUSIE en Hiver

On se pose souvent la question: l’hiver est-il un bon moment pour séjourner en ANDALOUSIE ?

En effet, la saison ne s’y prête pas vraiment, les journées sont courtes et les températures parfois fraîches. Vous pourrez vous en faire une idée après avoir lu ce blog.

Notre itinéraire – sur 2 semaines en janvier 2013 – évitera les grands sites (Grenade, Cordoue, Seville..etc) les incontournables, comme disent les voyageurs professionnels, puisque nous les connaissons déja. L’itinéraire n’est pas arrêté et se fera à l’instinct. Pour cela, nous passerons aussi par VALENCE, MURCIE, ELCHE, ALICANTE etc.

Avertissement: ce compte-rendu est rédigé avant tout pour notre famille,  nos amis mais aussi des visiteurs-voyageurs qui sont en quète d’informations pour élaborer un périple, donc on y trouvera quelques information pratiques, des tarifs etc

Car ce blog comptabilise à ce jour plus de 16000 visites, sans faire de pub et de tous les pays dont en premier lieu : la France, le Canada, les Philippines , la Belgique largement devant le Maroc, USA, Suisse… puis Algerie, Tunisie..etc.. Depuis 2013, le classement a changé quelque peu: France, Belgique, Espagne ( qui apparait depuis la rédaction de l’ article andalou ), Suisse, USA, Philippines, Canada devant Maroc, Allemagne et Algérie

JEUDI 10/01/2013

Nous passons la frontière vers 14h, grand soleil, par l’autoroute direction PENISCOLA. L’autoroute est superbement entretenue, peu de circulation. Nous quittons l’autoroute au niveau de Tortosa pour la nationale 340; nous y trouvons plus de camions et certaines villes comme Vinaros sont difficiles à traverser. Sur le bord de route, nous serons étonnés par les nombreux magasins et ateliers fermés; et par de grandes stations à essence désertes.

Nous atteignons PENISCOLA vers 18h à la nuit tombée avec 14 degrés.

Direction l’office de tourisme, sur la plage: accueil sympathique et efficace; la dame parle un français remarquable et sans accent. Je lui dit:  » vous avez travaillé en France?  ». Elle répond :  » non, en Suisse, du coté de Lausanne et à Locles dans le Jura suisse ». On lui dit qu’on connait bien la région; étonnant, non? El mundo esta  muy pequeño. Beaucoup d’établissements, hotels, restaurants et bars  sont fermés en raison de la saison. Grace  aux conseils de cette dame, nous nous dirigeons vers la citadelle à la CASA JUANITA.

Chez JUANITA, la CASA est fermée, nous appuyons sur la sonnette:  » Quisiera un habitacion ? »  dira l’interphone – si . Juanita nous ouvrira la porte, nous donnera les clés de la chambre ( propre, fonctionnelle avec vue sur la plage) et de l’immeuble pour 30e sans petit dej, payable de suite. Nous ne reverrons plus la proprio, nous laisserons juste les clés sur la porte avant le départ. Voila comment se passe une location en plein hiver.

Diner au restaurant au pied de la citadelle; petit piège que nous avions oublié: le prix du menu est souvent indiqué hors taxes ( IVA à 10%) et le pain non compris. Donc la facturation finale peut etre différente du prix estimé si on n’est pas vigilant, 2 euros pour le pain par ex.

Spécialités locales: langoustines, bocavantes…

VENDREDI 11 janvier

Grand ciel bleu…comme le montre l’image suivante, pas de vent.

Vue depuis la casa juanita

Vue depuis la casa juanita

Depuis toujours, nous adorons PENISCOLA – une ville dans la mer – pour plusieurs raisons.

une ville dans la mer

une ville dans la mer, contrejour au matin

La premiere raison: en juin 1963, mon père fut victime d’un grave accident routier (un mort) sur la commune voisine de Benicarlo; 12 jours de coma, trauma cranien, fracture du fémur, dents cassées…Pendant un mois, cet homme aura disparu: nous resterons sans nouvelles de lui. Il rentrera au pays 4-5 mois après, un an pour récupérer totalement. C’est le seul proche , à ma connaissance, qui est reçu l’ extrème onction , l’Espagne de l’époque comptait de nombreux curés ( ainsi que des gardes civils) prets au service, il est vrai. Depuis la découverte de la région à cette occasion, nous avons gardé un petit faible pour Peniscola.

La deuxième: nous aimons rendre visite au PAPA LUNA. Qui est le Papa Luna? C’est une drole d’histoire: à la suite du grand schisme d’occident (1378 ), l ‘espagnol Pedro de Luna ( Pierre de Lune, c’est mignon) est désigné pape d’Avignon en 1394, il fut destitué en 1938, il refusa sa destitution ainsi que son opposant romain; il se retira dans son chateau de Peniscola; ce qui créa la situation rocambolesque suivante: l’existence simultanée de 3 papes ( 2 antipapes et un pape romain officiel , il n’y a pas de soupape…) Il mourut en 1423, ses armoiries comportaient une demi-lune avec 2 pointes tournées vers le haut.

visite au Papa Luna

visite au Papa Luna

Pour des buveurs d’étoile, fréquenter la lune c’est se rapprocher du ciel…..Comprendra qui pourra!! Allez un indice: étoile=vin blanc du jura AOP.

Visite de la citadelle et de la vieille ville bien restaurées sous le soleil et par 14 dgres. Quelques vues.

tour de ville

tour de ville

ruelle de peniscola

ruelle de peniscola

ruelles de Peniscola encore à l’ombre, c’est l’hiver.

En final, PENISCOLA, un bel endroit.

Une photo du village de MORELLA entrevue à l’off de tourisme nous poussera dans cette direction à 90 kms  vers la montagne. Par une superbe route, à travers les oliviers puis une vingtaine de lacets, 2 cols franchis aux environs de 1000m, nous atteignons Morella perchée sur la montagne  vers midi. Plus que 8 en plein soleil.

Morella sur son piton rocheux

Morella sur son piton rocheux

Parcons notre auto en dehors de la ville et notons la présence de quelques camping-cars dont certains très hauts de gamme.Visite de la ville calme , cernée de tours et murailles: vieilles rues  et places, basilique Santa Maria, la judeia (petit quartier juif aux ruelles étroites ) et la citadelle au sommet du rocher, panorama sur les montagnes voisines… Petits bars et restaurants, nous ne croiserons pas grand monde. Nous goutons à la spécialité locale aux amandes, le flaon de morella. Plus d’images.

Morella, porte principale

Morella et porte principale Sant Miquel

ruelles couvertes

ruelle couverte de Blasco de Alagon, très typique.

décor un peu chargé

décor un peu chargé

Enfin, nous avons adoré MORELLA comme PENISCOLA.

murailles de Morella

murailles et tours de Morella, c’est du robuste

Des murailles et des chateaux, on en verra beaucoup durant le séjour…

Nous reprenons la route et l’AP7, contournons Castellon, Valence et ses orangers, Denia dans des paysages somptueux vers CALPE, atteinte vers 17h, grand soleil et 19 degrés. CALPE, ville toute bétonnée, grands immeubles à raz de la plage, une foule de touristes en bermuda; horrible, tout ce que nous détestons. Juste le temps de regarder et photographier le penon d’ILFAC, nous continuons au hasard vers MORAIRA, au pied du massif CABO de la NAO.

le penon d'Ilfac à Calpe à la tombée du jour

le penon d’Ilfac à Calpe à la tombée du jour

Et là, à MORAIRA, ce sera très sympa: petit village calme avec un vieux fortin sur la plage. Nous tournons un peu en rond avant de trouver un hotel  car il existe dans le pays un réel défaut de signalisation des directions et des hébergements. A l’hotel LOS LIMONEROS, petit établissement à l’écart du centre, nous visitons la chambre, superbe mais pas dans notre budget ( 85e dejeuner inclus); mais la propriétaire lithuanienne très affable nous retiendra en nous faisant una descuenta soit la nuitée à 65 euros: il est vrai que l’hotel était vide…

Casse-croute dans la chambre. Plus que 9 dgrés, vous noterez les différences de température qui demandent des changements vestimentaires.

SAMEDI 12 JANVIER

Pas de regret dans notre choix, le breakfast du Limoneros est un vrai buffet: jus de fruit, fruits, céréales, pains variés, yaourts, fromages et charcuteries, oeufs, café etc un régal.

Je vous laisse l’adresse, tenue par un couple russo-lithuanien : 20, calle mar del norte Moraira. www.loslimoneros.com

Petite visite dans le village pour commencer, puis départ pour une rando recommandée par l’off de tourisme en direction du Cabo de la Nao: vers 12h, nous attaquons par un barranco (ravin) jusqu’à la mer puis longeons une falaise sur 2kms le long de la mer bleue, nous mouillons le maillot sous le soleil et je regretterais de n’avoir pas pris un short ou bermuda; paysages  superbes. A la calanque suivante, la cala Moraig, boccadillos sur la plage en compagnie de quelques naturistes et baigneurs; puis retour à la voiture pour 15h par le même chemin. Je vous conseille cette promenade, très belle entre mer et falaises.

rando

rando au pied des falaises, chaude ambiance.

la calanque à atteindre

la calanque à atteindre, tout au loin le cap de la Nao

la calanque

la cala Moraig, on y est

Nous nous proposons de joindre le CASTELL de GUADALEST dans l’intérieur des terres à 35 kms par une route très sinueuses, à travers des plantations de néfliers, spécialités locales.

serres de nefliers à perte de vue

serres de nefliers à perte de vue sous le jour déclinant.

Le joli village, bien entretenu, entouré de montagnes est atteint en traversant à pied le rocher par un tunnel; beaux panoramas sur un lac de retenue, à noter quelques visiteurs étrangers dont les pays de l’est. Il se fait tard et la fraicheur revient vite. Voici quelques photos.

le castell de Guadalest à la fin du jour

le castell de Guadalest à la fin du jour

le tunnel d'entrée pour le castell

le tunnel d’entrée pour le castell

les toits de Guadalest

les toits de Guadalest

Il existe des hebergements sur place dont les chambres d’hotes CASES NOVES de toute beauté mais compter 80e la nuitée à voir sur www.casesnoves.com.

Nous hésitons à dormir sur place, mais finalement nous reprenons la route par la montagne en direction d’Alcoi; la nuit arrive et nous mettrons une heure pour faire 35kms, nombreux virages par la CV70. Difficile de faire de la vitesse.

Dans le noir, nous laissons Alicante à main gauche pour filer vers Elche et Santa Pola en bord de mer. Une erreur de direction nous conduira au centre de ELCHE, belle ville à priori. Beaucoup d’animation dans le centre de la cité: 20h, la population est de sortie, bien toilettée, et fait les vitrines de magasins, c’est samedi en plus. Nous hésitons à nous à garer pour faire le paséo comme tout le monde mais les places sont rares pour l’auto; une fausse manoeuvre nous met de nouveau sur le chemin de SANTA POLA, tant pis nous reviendrons demain visiter la palmeraie. Elle nous intrigue cette palmeraie, la plus vaste d’Europe, comment est-elle arrivée là?

A SANTA POLA, apres avoir erré quelque peu, nous trouverons un hotel à l’arrache vers 21h: un batiment austère mais personnel hypersympathique pour la modique somme de 42e la nuitée, desayuno incluido. Hotel PATILLA- 29, calle Elche  www.hotelpatilla.com

Diner de tapas dans un petit bar voisin au doux nom de LAS TAPITAS, choisi à l’instinct, tapas variadas con 2 basos de vino blanco del terrano pour la somme de 16e, correct et accueil chaleureux du personnel. Je vous laisse l’adresse ci-dessous.

petit bar à tapas

petit bar à tapas

DIMANCHE 12 JANVIER

Au Patilla, buffet de petit déjeuner pantagruélique: on goûtera à l’omelette de pomme de terre, aux gâteaux maisons…. après cela, nous sommes prêts pour  attaquer une nouvelle journée.

Bon, SANTA POLA, rien de terrible, une ville au bord de mer un peu quelconque, point de départ possible pour l’ile voisine de TABARCA (une idée pour un prochain voyage) . Quelques nuages s’éloignant au large puis retour du soleil avec 10 dgrés.

Après notre tour de ville habituel où nous verrons un belle crèche, nous filons vers ELCHE en mi-journé . Sur la route, de grandes propriétés cossues entourées de palmiers donnent une sensation de richesse. ELCHE ou encore ELX est aussi la capitale de la chaussure.

La ville en ce dimanche matin est assez calme. Nous suivrons le tracé touristique proposé par l’ O.T.  mais tout ferme à 14h comme dab: nous nous ferons souvent piégés par les horaires espagnols; je les redonne: en gros, fermeture de 14h à 17h, ouverture de 10h à 12h et de 17h à 20h, pas très commode en hiver. Nous aurons du mal à nous y faire.

Tout d’abord, nous sommes captivés par des leçons de be-bop en public sur une petite place ensoleillée; puis visites des bains arabes voisins,  et des autres monuments de la ville; ici comme ailleurs on a fait dans le monumental et le solide. Voyez par vous même.

cours de danse sur la place Sta Lucia

cours de danse sur la place Sta Lucia

Basilica Sta Maria desrtée

la Basilica Sta Maria désertée

sculpture place de la mairie

sculpture place de la mairie, j’adore.

Puis promenade de 3 kms dans la palmeraie, par un cicuit qui conduit dans différents vergers et jardins ( ou encore horts) .  J’avais entendu dire 20 ans auparavant  que les arbres étaient en souffrance, nous les avons trouvés plutot en bonne santé grace à une action de protection et de réimplantation des palmiers.

Marakech...non Elche

Marakech…non Elche

La palmeraie aurait été crée par les pheniciens au 4eme siecle avant JC, puis développée lors de l’occupation arabe grace à l’eau saumatre distribuée par un réseau complexe de canaux d’irrigation . Une politique de plantation des surfaces non occupées et de réhabilitation des anciens vergers a crée à ce jour  un oasis en expansion  de 200 000 palmiers dont les dattes sont récoltées à l’automne. On aurait bien aimé y gouter… mais introuvables.

Le célebre jardin Huerto del Cura est privé et payant. Le hort voisin de Sant Placid fait comprendre le fonctionnement du verger gratuitement.

Avant de partir, nous allons rendre hommage à la belle dame de ELX. Ah, la dame de ELX, une des plus belles femmes du monde avec sa coiffure sophistiquée très particulière et tous ses bijoux. Cette sculpture, découverte en 1897 et datée du 5-4eme siecle avant JC est considérée comme le chef d’oeuvre de l’art ibère. Je veux bien le croire. L’originale est à l’abri dans un musée, des copies sont disposées aux 4 coins de la ville.

la dame de Elche

la dame de Elche, quel personnage!

16h, une dernière consommation et détente au soleil, à l’abri du vent sur la placette Santa Lucia: c’est dans des instants comme ça que je me dis que la vie vaut d’être vécue. En France, au même moment la neige s’installe.  Puis départ vers le sud. Toujours plus au sud.

Par la voie rapide toujours belle et peu fréquentée, nous contournons Murcie et Lorca et gagnons la mer vers Aguilas; en chemin, nous longerons des chaines de montagnes ( le moindre sommet atteint les 800m ), plus belles les unes que les autres, l ‘Espagne c’ est le paradis des sierras, des rios desséchés , des déserts et des huertas.

Un peu plus loin, nous entrons en ANDALOUSIE proprement dite. Il nous faut prendre du carburant, le gaz oil est  à 1,37-1,41€ sensiblement plus cher qu’en France. La nuit arrive et la pompiste est très aimable. Cherchant un hébergement, je lui dit: « se puede dormir aqui? ». Elle répond en riant:  « aqui a la estacion de gazolineo, no se puede pero en el pueblo de Villaricos, dos kilometros cerca de aqui es possible: el hostal Playa Azul ». Et voila comment nous arrivons à Villaricos, joli port de mer perdu.

Le Playa Azul est sombre et semble fermé; je rentre dans la tienda voisine : « ola, caballero, que quiere? » demande l’épicière.  De l’eau, je dis. J’en profite:  » l’hotel est fermé? » Elle prétend que non, je réponds qu’il semble fermé. » Minuto » dit l’épicière qui saisit le téléphone et appelle la propriétaire. Ainsi nous trouverons la porte ouverte et une vieille dame nous reçoit, elle est à la recherche de son fils, le gérant des lieux; il finit par arriver et nous donnera une chambre pour 40€, sans petit déjeuner; il nous confiera les clés d’un hotel complètement vide, nous ne le reverrons jamais…ça me plait.

Grace à notre petit camping gaz bleuet, nous pourrons préparer nos repas et boissons chaudes; nous avons parcouru 1200 kms depuis le départ et il fait 13° dehors. L’hotel ne semble pas être chauffé mais il fait bon.

LUNDI 14  JANVIER

Soleil toujours ce matin avec 9°, mais un peu de vent.

L’habitat troglodytique de tradition millénaire est très  répandue en Espagne et plus particulièrement en Andalousie. Auparavant occupé par les arabes, les gitans et les paysans, il est intriguant; ces habitations sont appelées cuevas (grottes, caves, cavernes). Ce matin, nous nous dirigeons vers le village de LAS CUEVAS DE ALMENZORA dans les terres par une route qui traverse des paysages dignes du far-west: petit tour de ville rapide, maisons en azulejos étonnantes; déception car aujourd’hui l’O.T est fermé. Nous rencontrerons de nombreux africains, les ouvriers agricoles qui travaillent dans les champs et les serres avoisinantes.

la maison aux azulejos

la maison aux azulejos

le castillo de Almanzora

le castillo de Almanzora et ses orangers… ce ciel bleu incroyable.

Nous allons nous débrouiller tout seul et finissons par trouver le barrio gitano ( las cuevas de Garacin ) un ensemble de grottes abandonnées, quelques unes sont occupées de façon précaire, la falaise paraissant friable et dangereuse. D’autres sont bien restaurées et occupées. Ne croisant personne, nous ne poursuivrons pas plus loin, dommage nous aurions bien aimé voir cela de près.

las cuevas de Garacin

las cuevas de Garacin

Ici, nous sommes à 2 pas de PALOMARES; qui se souvient de Palomares…1966, je m’en rappelle: un B52 chargé de 4 bombes H heurte en vol son avion ravitailleur, vers 10.000 m, les 2 avions explosent  tuant 8 hommes; 3 bombes tombent au sol, près du village de Palomares. Une bombe est retrouvée intacte, les 2 autres explosent sous le choc de l’impact libérant 4,5 kg de plutonium  sur une surface de 250 ha; la dernière s’abime en mer par 800 m de fond et sera récupérée par l’US Navy après 2 mois et demi de recherche.

Une décontamination sera menée, la population sera surveillée pendant de nombreuses années; aujourd’hui, des zones demeurent encore contaminées et Palomares paye un lourd tribut depuis cet incident. Pas loin de là, on trouve de beaux champs de salades, de fèves et artichauts….alors faites attention d’où viennent vos salades!!!

Dans la campagne, nous croiserons un projet immobilier délirant en plein désert rougeatre: le « desert springs golf club ».

Vers midi, nous sommes à MOJACAR, village blanc perché le long de la montagne à 2 kms de la mer: de son passé, la ville conserve une architecture arabe et des murs chaulés. A la fin de la guerre civile, Mojacar sera abandonné par sa population poussée à émigrer; puis totalement restaurée et de nouveau occupée à partir des années 1960 avec le retour de la prospérité. Promenade dans les ruelles où nous croisons quelques touristes étrangers; ici, un peu partout, nous rencontrons l’INDALO, le symbole et porte-bonheur de la région almérienne. Encore un pot au soleil, désolé: 2 sodas+assiette de tapas pour 4e si ça vous tente. MOJACAR … nous avons été séduits, muy tipico.

place à Mojacar

place à Mojacar

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Mojacar, vue générale

Mojacar, vue générale

En bord de mer, une station balnéaire neuve mais plaisante: la plage de Mojacar. Nous poursuivons notre route le long de la côte vers le parc naturel du CABO DE GATA; le bétonnage de la cote se raréfie et nous découvrons de jolis villages de pécheurs sous le bel éclairage du soleil hivernal : Carboneras, Agua Amarga, Rodalquilar, Isleta del moro….

Le village de Agua Amarga était attirant, nous aurions aimé dormir ici mais le peu d’hôtel était fermé ou alors avait apposé une affichette sur la porte: ouverture de la réception à 17h30. C’est ça l’Espagne en hiver. C’ est ainsi que nous découvrirons LAS NEGRAS, en poursuivant notre chemin.

Nous arrivons à Las Negras, il fait encore jour, petit village de pêcheur cerné  de roches volcaniques noires; c’est calme et mignon, nous repérons une épicerie, un bar, un restau ouverts, les 2 hotels du centre ville sont fermés. A la sortie du village, il y a bien le Bitacora, tenue par une jeune fille: je lui demande le prix d’une chambre, elle me répond qu’ils ne font pas de chambre, seulement location d’ appartements pour 50€ la nuitée; je réponds que ça ne correspond pas à mon budget, la jeune fille m’invite à visiter l’appart- je suis réticent-elle insiste; c’est vrai ça ne coûte rien de visiter. Bien sur, une fois dans l’appartement, je ne peux plus repartir: je suis subjugué, c’est trop beau, décoré avec gout, balcon avec vue sur la mer, cuisine aménagée. Nous resterons la 2 jours comme chez nous, choyés… et la petite réceptionniste  avait  bien fait son métier.

notre coquette cuisine

notre coquette cuisine

Donc, une chambre, un salon- salle à manger, une cuisine toute équipée, une belle salle de bain, un balcon, un parking privé, la wifi , plein de documents  à la réception sur les visites, les rando…: nous allons nous poser car il y a des choses à faire dans les alentours …et nous allons faire la cuisine.

MARDI 15

Beau temps toujours.

Le parc  naturel de Cabo de Gata Nijar est exceptionnel, c’ est le paradis pour les amoureux de géologie; on y trouve de tout; des traces de volcanisme: des calderas, des coulées pyroclastiques , des colonnes basaltiques, des amas de cendres; ainsi que des mines d’or, des pierres semi-précieuses, des dunes fossiles…etc. Dans cette zone désertique, l ‘eau a toujours été une denrée rare: les citernes, les puits, les norias ont été protégés ainsi que l’ habitat rural qui témoigne de ce passé.  De nombreux chemins thématiques parcourent l’endroit: le chemin des pirates, le chemin des mines, le chemin du cinéma, le chemin de l’eau etc; c’est donc aussi le paradis des randonneurs.

roches volcaniques sur las Negras

roches volcaniques sur las Negras

Nous épluchons les documents de l’hotel et vers 11h, nous enfilons les chaussures pour une rando de 3h vers la calanque voisine.

vue du village

vue du village

la piste

la piste, le paysage

la cala de San Pedro que nous devons rejoindre

Péloponèse… non, la cala de San Pedro que nous devons rejoindre

Sur le chemin, nous croisons quelques marcheurs, il fait chaud en plein soleil…

la cala San Pedro

la cala San Pedro

Loin de tout, la cala est en fait habitée par une population un peu marginalisée: une vingtaine de personnes ont élu domicile dans des habitats précaires, des cuevas aménagés, des campements sommaires ou encore des bâtiments plus élaborés assez réussis. Les ruines du Castillo sont aussi occupées avec une ébauche de bar. On y trouve des gens venant de partout, de tous les ages: espagnols, anglais, germains et des Français que nous avons croisés sur le chemin. Une source y coule, sans eau cela serait difficile d’y vivre. Les courses sont faites à pied ou par canot. Sympa,non? Les jours semblent s’écouler paisiblement, en buvant de la bière. Pour nous ce sera pique-nique sur la plage et eau de source.

la source

la source

campement, ça vous tente?

campement…. ça vous tente?

cuevas

cuevas avec panneau photovoltaique

sweet house

sweet home

autochtone

autochtone bricolant

juste prudence

avis à la population: si tu apprécies San Pedro, respecte le.

C’est pas tout , il faut reprendre la route, le devoir nous appelle.

où est-ce?

où est-ce?

encore une cabane

encore une cabane

sur le chemin du retour

sur le chemin du retour… c’est pas le caillou qui manque

Comme il reste du temps, il est 14h, on se promène dans les environs dans des villages déserts: Rodalquilar et son passé minier, Los Esculos et ses dunes fossiles et ses oolithes (auparavant je ne savais pas ce que c’était, je vous laisse faire des recherches) el Pozo de los Frailes avec son moulin à vent et sa noria restaurée. Nous suivons des chemins qui menent à des plages isolées où se sont parqués quelques campings-cars ( encore des pensionistas) . Cette époque doit être paradisiaque pour eux, j’imagine. Nous trouvons bien un chemin qui mène à une caldera à 3kms mais le jour décline, à la place nous profitons des dernières lueurs pour boire un verre de blanc les pieds dans l’eau à la Isleta del Moro. Traditionnellement en Andalousie, quand on commande un verre l’assiette de tapas est servie gracieusement; là, ce fut une assiette de poulpe, compter 2 euros un verre bien servi. Le bar sympa et bien placé attire du monde. La Isleta, le paradis du bucéo!! (bucéo=plongée avec bouteilles)

Ce soir, diner à la maison.

Pozzo de los Frailes

Pozzo de los Frailes et son moulin fraichement restauré

les fameuse dunes fossiles de Los Esculos

les fameuse dunes fossiles de Los Esculos

tombée du jour vers isleta de Moro

tombée du jour vers isleta del Moro

Vous l’avez compris le Cabo de Gata, c’est un drole d’endroit! C’est trop bien.

Le soir, je lis  »le vieux qui ne voulait pas feter son anniversaire » de Jonas Jonasson, loufoque; je me marre. Extrait:  » Plus j’y pense, plus je me dis que les choses sont ce qu’elles sont et quelles seront ce quelles seront, parce que en général c’est comme ça que ça se passe. Enfin…presque toujours. » Je vous laisse réfléchir là dessus… ah, c’est pas du jp SARTRE.

MERCREDI 16  JANVIER

Nuages ce matin…. nous plions bagages. Dans quelques instants, nous allons rencontrer Jean le Bon. Aujourd’hui, c’est le propriétaire qui est à la réception, il se présente:  » je m’appelle Jean le Bon, Hans de Goede en néerlandais, je vous offre un café? » Avec plaisir car le feu est allumé dans la cheminée; Hans avait envie de bavarder, il ne doit pas voir grand monde en ce moment. Nous parlons en « globish » la nouvelle langue, espagnol, anglais, français mélangés…on se comprend. Nous apprenons que Hans a acheté ici il y a une dizaine d’année, il a fait construire des villas et son petit hotel de 7 appartements; puis il s’est mis à vendre ses villas, il en reste encore une mais à cause du ralentissement économique la vente n’est pas facile en ce moment. Puis il nous parle de la région, de volcans et coulées de laves, de mines d’or, de tectonique des plaques, de la faille de Fernan Perez et du manque d’eau et des paysans qui font deux récoltes par an et du printemps qui intervient en automne quand la pluie revient et que la végétation redémarre après le feu de l’été…etc. Tout ça est passionnant, on ne voit pas passer le temps mais il faut songer à partir. Hans nous dit de revenir et si nous restons une semaine le prix est plus intéressant. Sur, on reviendra, on le promet…on s’éloigne, il nous salue de la main.

C’est fou; pour reprendre Antoine de Maximy: tu es loin de chez toi et tous les jours, il se passe quelque chose.

Une bonne adresse: BITACORA , Las Negras- Almeria .  www.bitacora-cabodegata.es

Nous prenons la route vers NIJAR que nous touchons vers midi; rapide passage par l’O.T. Nijar, adossé à la Sierra Alhamilla, a conservé une activité artisanale: poterie, tissage (jarapas, un genre de lirette) et panier grossier (sparterie, on en apprend des choses avec les voyages) . Nous commençons par le barrio Altarero, le quartier des potiers, mais beaucoup de fabricants sont fermés et le seul qui est ouvert annonce une liquidation. Nous suivons la rue commerçante Lorca avant de remonter vers le typique Casco Antiguo qui finit sur un canyon entaillant la montagne. Temps couvert et venteux, le temps qui convient pour faire une visite: ce sera le musée de l’eau sur la  vieille place du marché, avec audioguide; on apprend comment les anciens sont allés capter l’eau dans la montagne pour l’amener au centre du village à l’aide d’ouvrages complexes…passionnant. Photos.

artisanat rue Lorca

artisanat rue Lorca paniers et jarapas

petit dej 3,50e

petit dej 3,50e

quartier ancien

quartier ancien

la rue San Anton s'ouvre sur le canyon

la rue San Anton s’ouvre sur le canyon

le symbole Indalo, porte bonheur

le symbole Indalo, porte bonheur

Le temps frais -première journée de temps moyen – nous rabat vers un bar muy tipico au lieu du sandwich habituel; menu pour 9,50e: une soupe, une entrée, un plat, un dessert+boisson+café qui dit mieux…nous n’en garderons pas un souvenir impérissable mais nous en avions pour nos sous et avons pu manger à l’abri.

tipico, un bar tenu par un marocain

tipico, un resto- bar tenu par un marocain

Cela nous tente d’ aller voir le désert de TABERNAS tout proche, là où Sergio Leone a tourné ses westerns spaghettis dans les années 60-70, mais sur place, tout est fermé en ville comme dab. On aurait bien fait une ballade dans les ravins désertiques, mais le vent qui décoiffe nous en a dissuadés. La visite des décors à 17€/p nous a fait reculer. Nous avons admiré le paysage de loin, assez extraordinaire. Même pas une photo par manque d’éclairage, faudra revenir. Que faire avec ce vent sinon changer de coin…

Quelques films tournés dans le coin: PATON, Les 7 Mercenaires, Il était une fois dans l’ouest, Mon nom est personne, le Bon la Brute et le Truand…etc. Des canyons, des déserts, du soleil permanent, des gitans dans le rôle des indiens, un coût de tournage intéressant firent le bonheur de Tabernas par le passé; ce n’est plus le cas à ce jour.

Nous décidons de partir pour la COSTA TROPICAL pour voir de plus près ce qu’elle a de tropical, sans doute plus de clémence . Donc direction ALMUNECAR, joli nom aux consonances de l’occupant.

Nous contournons Alméria à main gauche pour filer à travers la grande étendue de serres plastifiées de Vicor-El Ejido-Adra; c’est vraiment vilain, c’est le moins que l’on peut dire. C’est le pays de la tomate, ah les almériens peuvent en déverser de la tomate sur toute la communauté… y a de la ressource.

Au niveau de la Rabita, les serres s’arretent , la route 4 voies -gratuite-aussi; il faut emprunter le tracé de l’ancienne nationale entre mer et montagne sous le jour déclinant, une pure merveille: l’Espagne, c’est le règne du minéral.

Nous arrivons à ALMUNECAR (27500 hab) à la nuit tombante; vous remarquez sans doute que la nuit tombe de plus en plus tard, en descendant vers le sud les jours rallongent nettement, nous gagnons près de 45mn, ça nous arrange bien. Comme souvent, nous tournons en rond dans la ville pour trouver l’O.T. malgré le fléchage et les indications des locaux ( en fait, il y en a 3 d’office, ceci explique cela) . Nous finirons par trouver mais à force l’office est fermé, car il est 19h passé.

Almunecar , plan de la ville ancienne

Almunecar , plan de la ville ancienne

Pour l’hotel, nous atterrirons au CARMEN , beau batiment bien placé: une belle chambre pour 25€, je répete 25. Je demande confirmation à la réception: »vous dites bien 25 pour une chambre double? » Oui, Mr, sans petit déjeuner, c’est un tarif promotionnel pour le mois, 50% de remise car il n’y a pas de clientèle, la faute à « la crisis » mais cela ne fait pas venir les clients pour autant, la consommation a chuté ». Le réceptionniste parle un français excellent, sa fille fait des études en France dans… l’ hôtelerie et…sur la cote d’Azur. Il ajoute:  » les français et les néerlandais nous ont boudé en 2012″. La « crisis », nous entendrons souvent ce mot.

Nous, ça nous va, nous allons monter notre camp de base chez Carmen, avenue de l’Europe. Et le patron nous donne de bonnes adresses, des renseignements pour les ballades…En pleine Andalousie, à 45mn de Grenade, il va nous falloir sacrifier à la tradition du tapeo. La coutume andalouse du tapeo consiste à passer commande d’une consommation (cerveza, vin, malaga etc) dans un bar et la tapa est offerte par le patron, c’est la surprise: olives ou fromage, boquerones en sauce, friture de poisson, jambon etc, suivant l’humeur de la patronne qui est en cuisine. Pour combien de temps encore cette tradition, vivace  à ce jour par ici mais qui tend à disparaitre ailleurs? En principe les bars à tapas sont bourrés, il faut y jouer des coudes.

Nous faisons le tour de la ville, elle est bâtie toujours sur le même principe: un castillo sur un sommet rocheux, à ses pieds le dédale des vieilles rues de l’ancienne médina, un peu plus loin la ville nouvelle et sur les bords de mer les stations balnéaires récentes style béton; en arrière, le long du rio verde, la vega (plaine fertile), la zone de culture des arbres tropicaux. Car, ici nous sommes sous les tropiques…

En soirée, nous finissons par entrer au « Pajaritos », un bar modeste vers la place de la mairie, dans la cote du castillo; il y a un peu de monde mais pas trop. Nous nous accoudons au bar et commandons 2 verres de blanc; à partir de là, il faut faire confiance au patron: il nous amène nos verres bien servis d’un blanc frais et agréable et peu après une pleine assiette de poisson frit que nous picorons avec les doigts. La télé marche et on bavarde dans tous les coins; nous faisons comme tout le monde, nous bavardons ….de tout et rien. Le patron n’est pas très souriant, de type ours, mais efficace, l’oeil partout, sa clientèle ne manque de rien. Par le passe-plat, on aperçoit la cuisine et la patronne aux fourneaux, elle s’active.

On recommande la même chose accompagnée d’ une assiette de coquillages; après deux tournées, nous nous arrêterons là de peur de ne pas retrouver notre chemin. La dolorosa: 4€ le tout, 1€ le verre difficile de trouver mieux. Los Pajaritos, je vous le conseille.

JEUDI 17 JANVIER

Le soleil brille de nouveau, mais la nuit fut difficile: beaucoup de vent et nos voisins furent bruyants. Le bâtiment espagnol n’est pas pointilleux sur l’isolation phonique et thermique. La France, elle, est sous la neige.

Un nouveau tour de ville en plein soleil: nous prenons goût aux vieilles ruelles, aux placettes, au passé romain de Almuñecar…

le palais de la Najarra et office de tourisme

le palais de la Najarra et office de tourisme

dans la cour du palais neo-arabe du 19eme siecle

dans la cour du palais neo-arabe du 19eme siecle, pas mal

plaza higuitos, il fait bon vivre

plaza higuitos, il fait bon vivre à Almunecar en janvier.

Medina

Medina

el castillo

el castillo

Vers midi, nous entamons une petite rando dans les jardins tropicaux de Vega: l’anone est la spécialité locale, c’est la pleine récolte mais aussi la mangue, l’avocat, la banane, la canne à sucre sans parler des agrumes…étonnant. Nous ferons une cure de fruits frais pendant ce séjour. Il fait 20 degrés.

les fameuses anones proches de la pomme-canelle

les fameuses anones proches de la pomme-canelle

L’après-midi étant  à peine entamée, nous allons tenter de visiter FRIGILIANA, la Luz del Andalusia, un des plus beaux villages blancs selon certains, perchée dans les orangers au dessus de Nerja, à une vingtaine de kms par la route côtière.

la uz del Andalucia

la luz del Andalucia, Frigiliana

Ca mérite le détour, un ensemble de ruelles, de recoins à faire à pied, village mis en valeur avec bars à vin et vue sur la mer d’un bleu soutenu…Quelques cars a touristes, les premiers, juste pour signaler le fait.

pays fruitier

pays fruitier

la vieille fontaine, sans source pas d'implantation villageoise

la vieille fontaine, sans source pas d’implantation villageoise

ça grimpe souvent

ça grimpe souvent

j'habite au numero 20

j’habite au numero 20

village calme

village calme, bien tenu, pas grand monde

Dans un bar, en terrasse sur le toit, on goûtera au vin doux de Frigiliana, un espèce de muscat, car il ne faut pas mourir idiot; à côté de nous, une japonaise et un anglais. Vue sur la vallée jusqu’à la mer.

vue sur la mer

vue sur la mer, le temps est un peu brouillé

Nous revenons sur nos pas en suivant la côte jusqu’à notre chambre d’hôtel.

La migas est une spécialité populaire locale, confectionnée à partir de vieux pain rassi  il faut brasser le mélange sur le feu jusqu’à ce que le pain se transforme en fines particules; faute de pain, on peut utiliser de la semoule: certains rapprochent la migas du couscous. On aura pas le temps d’y goûter.

Autre spécialité: le jambon, il nous faudra essayer de cerner les subtilités des jambons serrano, iberico belota et autres 5J.

Vers 20h, il est l’heure de se rendre vers la plaza damasco à la MESON  GALA pour le tapéo. Le Galla est plus huppé que los Pajaritos, en outre il fait restaurant, il y a déja des habitués. Nous nous perchons sur de hauts tabourets et passons commande: 2 verres de blanc. Le serveur pose les verres sur une espèce de passe-plat entre le bar et l’avant-salle, je me lève pour aller les chercher, bien frais et bien servis, peu après arrivent les tapas. Quand nos verres sont vides, je les dépose sur le passe-plat et commande una segunda, la même chose.

le serveur du Gala derrière son passe plat

le serveur du Gala derrière son passe plat

Comme j’ai encore soif, je commande un verre de vin rouge et une assiette d’iberico: le vin est à tomber à genoux et à supplier le viticulteur de continuer à en élever. L’assiette de jambon n’est pas donnée mais le bout de pain trempé dans l’huile d’olive au gros sel est divin…voila comment se passent les soirées sous les tropiques andalous; Promis, demain…j’arrête de boire.

VENDREDI 18

Beau encore, nous avons passé une mauvaise nuit toujours à cause des occupants de la chambre voisine ; nous avons du tomber sur les deux seuls fadas du quartier. Cela nous pousse à repartir: nous n’irons pas à Malaga visiter les Bodegas. Nous allons même commencer à emprunter le chemin du retour. Direction les ALPUJARAS.

La salle de bar du CARMEN pour le desayuno est envahie par des dame âgées très coquettes et d’autres plus jeunes: elles commandent des cafés con leche accompagnés de pan con tomat; pour cela,bien badigeonner le pain toasté d’huile d’olive puis de purée  de tomate. Tout ce petit monde donne l’air de se régaler. Typiquement andalou pour 1,80€, pourquoi se faire son ptit dej à la maison à ce prix?

andalous autour du marché

vieux andalous autour du marché

Puis direction le mercado pour faire des provisions car, ici, les prix sont imbattables: 0,33€ le kg d’oranges, 0,60 le kg de tomates, 1,25 le kg d’avocat, 3-5 anones pour un euro; les produits de la mer sont très abordables surtout les crevettes. Grand choix de jambon et charcuterie. Autres spécialités: un miele de caña proche du sirop de batterie antillais, un azucar de caña  brut de brut car peu affiné.

poissons

Adieu la costa tropical et ses prix doux, on reviendra

Nous voila prêts pour attaquer la montagne vers Las Alpujaras, contrefort de la Sierra Nevada; d’ abord direction Grenade ( par A 44), puis sur la droite direction Orgiva par A 346, la route est superbe. Pas d’ arrêt à Orgiva qui semblait pourtant attrayant, de là nous prenons la petite route de montagne pour CAPILEIRA, laissant dans la vallée le soleil pour les brumes des sommets. Casse-croute dans un abri-bus au pied d’une chapelle car le vent est violent et les degrés en baisse.

Nous atteignons BUBION et CAPILEIRIA, villages typiques de montagne, maisons au toit plat et aux étranges cheminées – on dirait des petits bonhommes coiffés- beaucoup de charme; on aperçoit la neige au loin. Nous sommes à 1436m et il fait 5°. Tout semble prévu ici pour le randonneur: nombreux logements et information pour les chemins de montagne. Place aux images.

Capileiria au loin, Bubion au premier plan

Capileiria au loin, Bubion au premier plan

Bubion

Bubion et ses toits plats

jour de lessive

jour de lessive

passages couverts à Capileiria

passages couverts à Capileiria

cheminées; les toitures sont couvertes d'un gravier local assurant l'étanchéité

cheminées; les toitures sont couvertes d’un gravier local assurant l’étanchéité

Nous reprenons la route à travers les chênes vers TREVELEZ , la capitale du jambon, nous ne croisons pas grand monde; plus précisément, le village est la capitale du séchage du jambon, d’ailleurs il n’y a pas de cochons dans le quartier, seul le climat très sec convient pour le séchage. Au loin, dans la brume, on aperçoit encore la neige, la ville haute étant située vers 1700m. La cité est vide, seul un fabricant de jambon est resté ouvert: nous allons donc aller voir ces jamons de près.

jambon de Trevelez, pata negra

jambon de Trevelez, pata negra

pas facile à s'y retrouver

pas facile de s’y retrouver dans ces appelations

Trevelez est au pied du  Mulhacén, le massif et peu connu sommet de l’Espagne métropolitaine culmine à 3482m (le pic du Teide – 3700m – aux Canaries étant le sommet de toute l’Espagne). Fait peu connu aussi, l’Espagne est le deuxième pays le plus montagneux d’Europe après la Suisse avec 610m d’altitude moyenne, voilà pourquoi nous traversons tant de montagnes depuis le départ!!

Compter 4 heures pour faire ces 85 kms  de route montagneuse. A partir de Ugijar, on rattrape à travers les amandiers la route principale A348, puis superbe route le long du rio Andarax vers Almeria; avec le soleil et la basse altitude, les vergers d’orangers et citronniers réapparaissent . La chaleur aussi.

Nous dormirions bien par ici dans des villages à la consonance  inhabituelle: Laujar, Almocita, Canjayar, Huecijar etc; le jour baisse quand nous tombons sur un drole d’établissement style néo-moresque de couleur bleu et blanc, étrange dans ce coin. Je me gare devant l’entrée, la porte est fermée, j’aperçois quelqu’un à travers la vitre, il compte sa caisse. Je cogne au carreau, il ne m’entend pas visiblement. Je pénètre dans la cour, la porte est encore fermée, je cogne…ce quelqu’un relève la tête, surpris et vient ouvrir…sauvés, nous ne coucherons pas dehors…. Je sors la phrase qui tue quand un hôtel est vide: »vous avez une chambre double de libre ». « Monsieur, vous avez l’embarras du choix »dit l’hôtelier très affable mais… en tenue de bricolage. Une belle chambre avec balcon , vue sur les Alpujaras almerienses, garage dans la cour privée pour 40€ et possibilité de repas à la tienda voisine. Voila comment on trouve une chambre en plein hiver en Andalousie, je n’invente rien…

la chambre Fondon du nom d'un village voisin

la chambre Fondon du nom d’un village voisin, plaisant non?

Nous dînons au café de l’hôtel, ce sera un bon choix: un verre de vin+tapa, une soupe, un plat ( albondigas et calamars), un dessert pour 10€; un régal et la patronne de l’ Hotel vient juste de se mettre au fourneau par économie… c’est réussi.

Le village se nomme INSTINCION, amusant pour des voyageurs qui se déplacent à l’instinct.

SAMEDI 19  JANVIER

Une bonne nuit enfin.

Au cours du déjeuner, je demande au patron, Agustin, comment vont les affaires; il dit:  » regardes, il n’y a personne – les gens ne consomment pas – c’est la crisis – il n’y a pas d’argent – no dinero – il n’ y a plus d’argent dans le pays – tu sais où est l’argent de l’ Espagne? – il est dans les banques en Suisse -ces dernières années, nos dirigeants ont privilégié les financiers, les banquiers au détriment des citoyens, du peuple – nos dirigeants, ils sont tous à l’abri, ils ont des emplois dans des multinationales – leurs femmes, leurs familles ont des emplois dans les multinationales  » Je tente: « en France aussi, c’est la crise » « ça n’a rien à voir » il me dit. Il ajoute en colère: « nos dirigeant, il faudrait les attraper et leurs couper le cou comme vous avez fait sous la révolution française… » Qu’ajouter à cela?…il était difficile de lui donner tort. Il me dira encore qu’il était tenté de céder son hôtel et qu’il aimait la France.

website:  www.lakabila.com

En fait, Agustin était loin d’avoir tort: le New York Times a publié quelques articles sur les grands fraudeurs espagnols dont le célebre Emilio Botin ( grand et influent banquier espagnol et président de la banque de Santander), le montant de cette évasion fiscale serait égale au déficit de l’état espagnol…Et en Suisse, plus de 500 espagnols cacheraient leurs ressources, soit 2.000 millions d’euros qui échapperaient  au fisc espagnol…glups. En fait, les mêmes problèmes que chez nous.

hotel EL KABILA

hotel LA  KABILA

Ce monsieur converti à l’islam a épousé une Kabyle, ils sont attachants tous deux. Ils nous ont fait promettre de revenir pour faire de la randonnée dans la sierra voisine, celle de Gador. On a promis.

Alpujaras almerienses

Alpujaras almerienses depuis l’hotel LA  KABYLA

Nous reprenons la route vers Almeria, le ciel est chargé.

A Almeria, on se gare juste devant l’office de tourisme pour chercher plan et documents. Mais à la sortie de l’office, des trombes d’eau s’abattent sur la ville et le vent retourne les parapluies des passants, les caniveaux se remplissent…Dépités, nous quittons la ville au hasard vers la pointe du Cabo be Gata, sous le mauvais temps.

C’est ainsi que nous traverserons Retamar, une ville fantome: une ville entièrement neuve à deux pas de l’aéroport, des espaces verts luxuriants, de vastes avenues, des hotels luxueux en quantité, des golfs; magnifique mais tout est vide, la folie immobilière est passée par là. Un peu plus loin, nous croisons un défilé de voitures officielles: il y a inauguration d’ un centre des congrès et un palais des sports flambants neufs. De l’autre coté de la rue, des manifestants en colère contenus par un important service d’ordre: ils ne veulent pas payer la gabegie des potentats locaux…enfin, j’ai cru le comprendre.

tout est fermé

tout est fermé

hotel haut de gamme

hotel haut de gamme, vide aussi

Nous suivons le littoral vers San Miguel et la Iglesia sous les bourrasques de pluie. Impossible de mettre le nez dehors avec les embruns. Il vaut mieux se diriger vers l’intérieur des terres, donc direction le village de Los Albaricoques dont le nom sonne bien à nos oreilles. Nous aimerions aussi tester l’hébergement rural pour changer. Bien nous a pris, ici la terre est rouge avec des agaves et cactus: un vrai paysage texan, d’ailleurs des scènes de western ont été tournées dans ce village blanc (« pour une poignée de dollars », je crois).

Pour l’hébergement rural, nous tentons l’Albaricoques Rural; je suis reçu par un gars qui soigne ses poules, tres sympathique: « comment tu t’appelles? » –  « Bernard » je dis – « moi, c’est Ramon » il fait en me serrant la main. Il m’emmène visiter ses gites, en fait de petits batiments (chambres, cuisine, salle de séjour, terrasse), c’est superbe et bien décoré. Mais la nuitée est élevée; il m’explique que le séjour à la semaine est plus intéressant: « quand tu reviens, tu me contactes et je te fais un bon plan ». Ramon, il parlait parfaitement l’anglais car il avait travaillé en Californie, puis un jour il est rentré au pays et avec ses économies, il a monté son affaire. Voyez par vous meme, je vous laisse l’adresse si ça vous tente de loger à la campagne: www.albaricoquesrural.com

Nous insistons: nous allons tenter le Cortijo El Campillo, une maison rurale écologique; pour cela nous suivons une piste rouge sur 2 kms, nous pensons faire fausse route quand nous atteignons un groupe de maisons, loin de tout, un vrai paysage mexicain. Je pénêtre dans la propriété, je cogne à la porte, j’ouvre, personne pourtant il y a la lumière et de la musique, j’appelle, personne, nobody?, je fais le tour des lieux, visiblement personne. C’est ça les écolos, ça part faire les courses et ça n’éteint même pas la lumière…Dommage, ça avait l’air sympa. website:  www.elcampillo.info

On en profite pour visiter un groupe de maisons abandonnés juste en face, nombreuses citernes avec panneaux explicatifs, ici les précipitations sont rares.

maisons et citernes sur le chemin de Rodalquilar

maisons et citernes sur le chemin de Rodalquilar

occasion à ne pas manquer

une occasion à ne pas manquer

D’un seul coup, le soleil apparait et le beau temps avec: notre visite d’Almeria, distante de 30 kms, revient à l’ordre du jour. Nous traversons de nouveau la culture sous serre et nous sommes déroutés de voir les logements des ouvriers agricoles occupés par des étrangers: des taudis, des vieilles caravanes, des bâtiments en ruine fermés à l’aide de nylon noir; en Europe, on n’aime pas trop les étrangers mais on aime bien les exploiter.

coup de vent jusqu'à 90

coup de vent jusqu’à 90 sur la cote almérienne

14h30 – nous pouvons commencer la promenade avec 16°- comme souvent beaucoup de monuments religieux, la cathédrale, la jolie place de la constitution mais en réfection, la calle de las tiendas, mais le morceau de choix demeure l’ Alcazaba.

la cathédrale, architecture miltaire et religieuse mélée

la cathédrale, architecture miltaire et religieuse mélée

place de la cathedrale

place de la cathédrale

un bel établissement sur la place de la constitution

un bel établissement sur la place de la constitution: bains arabes, hammam…

Jetez un regard: aire de Almeria   www.airedealmeria.com

rencontre sur la place S Sebastian

rencontre sur la place San Sebastian

Une petite faim nous ramène vers la rue Jovellanos, la rue des bars, un peu de monde mais sans plus, nous optons pour la CASA PUGA, établissement typique et à la mode, on y a conservé de hautes jarres d’huile, ambiance garantie; nous allons rester fidèles à notre verre de vin y tapas, puis une assiette de boquerones fritos et une de polvo gallegano, le tout pour 33€, allez pim -pao.

casa Puga

Casa Puga

tapas encore

tapas encore

allez, une dernière

allez, une dernière

La ALCAZABA est le joyau de la ville, l’édifice fait près de 800m de long; bâtie  au 8 eme  siècle sur un piton rocheux, elle domine la ville et la mer et possède des murailles et des bastions impressionnants, adoucis par des jardins intérieurs; la visite se fait sous des poivriers de la Jamaïque et on peut imaginer le raffinement qui devait y régner dans le passé. Il se fait tard, la fraicheur revient mais pas de regrets…

entrée Alcazaba

entrée Alcazaba

sous le soleil de 16h30

sous le soleil de 16h30

patio-jardin

patio-jardin

habitat arabe restauré

habitat arabe restauré

la tour de la Vela

la tour de la Vela, style mudéjar

 notez la meurtrière avec la croix chretienne

notez la meurtrière avec la croix chrétienne

toitures ville basse

toitures ville basse

L’ Alcazaba: à ne pas manquer. Nous n’irons pas à la Chanca, le barrio gitano y de los pescadores puisqu’on nous en a dissuadés: le quartier est sensible, la police évite de s’y rendre, parait-il. Certaines familles vivent dans des grottes.  Les gitans, on les croisera dans les rues.

Nous reprenons la route vers le nord; à la tombée du jour, nous sommes au niveau de Mojacar. Nous allons y passer la nuit. Nous aurions bien dormi à l’ Albirico, un charmant hotel de 5 chambres mais nous finirons à l’hotel Simon, assez basique pour 45€.

Website: www.albiralbirico.com

DIMANCHE  20 JANVIER

Grand soleil de nouveau avec un ciel bleu incroyable… et 11°, nous avons fait 2300 kms depuis le départ; nous reprenons la A7 mais vers Puerto Lumbreras nous prend l’envie d’aller visiter la région montagneuse du VELEZ; par une superbe route de 25kms, nous y sommes. C’est impressionnant la qualité du réseau de quatre voies qui sillonnent le pays. Nous poussons jusqu’ à Velez Rubio, première grosse bourgade.

au loin, la neige

au loin, la neige

Un vent violent et froid nous interdit de trainer dans les rues de VELEZ RUBIO et nous force à poursuivre plus loin vers VELEZ BLANCO.

maison typique de Velez Rubio

maison typique de Velez Rubio

C’ est à ce moment-la que nous croiserons le chemin de la grotte de los LETREROS : c’est ici dans les pentes escarpées du Maimon Grande que fut découvert en 1868 une série de peintures rupestres du néolithique dont le fameux INDALO (ainsi qu’une représentation étrange de sorcier). L’ Indalo, nommé aussi envoyé des dieux,  est décrit par certains comme un homme bras écartés soutenant entre ses mains un arc-en-ciel; plus simplement, il s’agirait de la représentation d’un chasseur visant sa proie avec un arc.

l'Indalo chasse le mauvais sort

l’Indalo chasse le mauvais sort

Au milieu du 20 eme siecle, un mouvement intellectuel original installera définitivement la réputation de cette figure, synonyme de chance qui deviendra le symbole du pays almérien en général et de Mojacar en particulier.

Le paysage depuis VELEZ BLANCO est époustouflant; la ville dominée par une imposante citadelle-palais est entourée de montagnes, la Sierra Maria, la Muella…, au loin, on aperçoit encore une fois la neige.

VELEZ BLANCO

VELEZ BLANCO

L’ OT nommée ici maison des visiteurs, est ouvert mais la porte est fermée: une pancarte laisse un numéro de tel si on veut joindre le préposé. Possibilité de nombreuses randonnées dans un paysage magique.

nombreuses randonnées

nombreuses randonnées

Avant de quitter l’endroit, au senti nous pénetrons dans l’ hotel VELAD-AL-ABYADH, pour prendre une boisson chaude, avec vue sur la Muela.

La Muela vue de l'hotel

La Muela vue de l’hotel VELAD-AL-ABYADH, magique

A midi, le bar est vide, seul le patron est là, lisant le journal; les lieux sont attrayants. Nous nous asseyons au bar et commandons deux cafés. Andres, le patron engage la conversation, il a envie de parler, d’autant qu’il maitrise bien le français. Il nous raconte qu’il affrete aussi des camions de  fruits et légumes pour Rungis. Bien sur, la crisis revient sur le tapis: « l’Espagne, c’est plus ça » « les banques n’ont plus d’argent, elles ne prêtent plus » « on a bati pour 10 ans dans ce pays »  »les banques sont les plus gros propriétaires d’immobilier, de maisons ». Il dit encore: « si tu vas voir ton banquier en lui disant que tu as un projet immobilier, il te dira qu’il n’a pas d’argent pour construire mais qu’il a beaucoup de maisons  à vendre et là, il ouvrira son catalogue et te demandera de choisir une maison ». Effectivement, un million de logements vides, parait-il.

la carte ''para picar'' pour grignoter

la carte  »para picar »,  pour grignoter

On était bien là, au chaud (4° dehors) ,  Andres était brave: Christine et lui s’étaient trouvés des racines communes vers Murcie. Faut dire aussi que par ici, de Murcie à Baza, ils s’appellent tous Moreno ou Alcolea: transport Moreno, restaurant Moreno etc. Du coup, on s’est senti chez nous et on a commandé une assiette de pâté que le patron nous a préparée avec attention; image!!..

assiettes de patés, confitures d'oignons et groseille, pains variés, joli!!

assiette de patés, confitures d’oignons et groseille, pains variés, jolie!!

On est parti de là, emballés par l’accueil, enchantés par l’endroit, direction MURCIE, tant vantée par notre hôte. A bientôt le VELEZ, c’est trop beau.

Que veut dire VELAD-AL-ABYADH ? VELEZ  BLANCO tout simplement,en arabe; nostalgie d’un passé?   Super hotel, super emplacement: promis Andres, on reviendra.  www.hotelvelad.com

amandiers et neige

amandiers et neige sur Maria.

Nous toucherons MURCIE – pays du hibou?? – vers 15h, la ville est très calme, c’ est dimanche. Beaucoup de monuments, la cathédrale, la rue de la Traperia mais la chose à ne pas manquer est le Real Casino au 18, calle traperia, club privé fondé en 1847 de style neo-moresque.

Murcie le pays du hibou

Murcie le pays du hibou

place de la cathédrale et palais épiscopal

place de la cathédrale et palais épiscopal

Mairie: sans commentaires

Mairie: sans commentaires

musicien des rues

musicien des rues

casino royal ,waou

casino royal ,waou

casino: l'entrée

casino: l’entrée

visite avec audio-guide

la verrière. visite avec audio-guide

Ici, les sociétaires peuvent jouer aux cartes, au billard, fumer le cigare, lire les journaux, manger, prendre le thé ou danser dans différents salons appropriés ; pas mal, non? Cela donne envie d’adhérer…

patio couvert

patio couvert

16h, il y a queiqu'un?

16h, place Santo Dominguo: il y a quelqu’un?

Nous reprenons la route vers le nord, nous éloignant ainsi de l’Andalousie. Prochain arrêt pour la nuit: Alicante, on dit Alacant maintenant ; notre dernier passage ici remonte à 1988. Nous arrivons dans une ville calme, pas de problème pour se garer. Nous optons pour LA MILAGROSA, genre un peu routard ( on y entend toutes les langues ) dans la rue Villavieja , face à l’église Santa Maria et au pied du Castillo: 40€ dej inclus, à prendre en self-service sur le toit-terrasse.

Une fois installés, nous allons faire un tour sur la rambla maritime, dans les rues et placettes piétonnes adjacentes pour réveiller de vieux souvenirs mais c’est bien plus calme qu’en plein été; l’heure venue, nous succomberons à la coutume: 2 verres de vin et une assiette de crevettes pour 12€, ici les tapas sont payantes. Nous croisons 2 françaises fraîchement débarquées et ravies d’être là: elles avaient quitté l’Alsace sous la neige et se retrouvaient en peu de temps à Alicante au soleil avec 16°, tout ça pour un petit prix dont chambre négociée à 22€ par le voyagiste. Pas mieux…

el paseo maritimo à la tombée de la nuit

el paseo maritimo à la tombée de la nuit

au choix

bières au choix

LUNDI 21 JANVIER

Nuages et soleil mêlés ce matin, petit crachin pour débuter, 9° seulement.

la terrasse vers 9h

la terrasse vers 9h

Le castillo dominant Alicante, un de plus.

Le castillo dominant Alicante, un de plus.

Nous filons d’une traite et vers midi au niveau de VALENCE (800.000 hab ) , nous sortons direction centre ville. 17° de nouveau. Nous nous garons au Parc souterrain et partons pour la visite; d’abord le marché central: un batiment style baltard de 1928 abritant un marché coloré. Nous faisons des achats dont les tomates RAF, la nouvelle trouvaille espagnole qui va bientôt envahir l’Europe, à 2,50€/kg quand même.

marché central

marché central

charcuteria: sobrasada y salsicon

charcuteria: sobrasada y salsicon

le fameux 5J belota

l’ illustre bellota 5 jotas

lire le prix puis passer commande

lire le prix puis passer commande, le must

l'ibérico pata negra existe, je l'ai rencontré

l’ibérico pata negra existe, je l’ai rencontré

Puis un tour dans les rues avoisinantes et la ville ancienne.

besoin de rien pour la paella?

besoin de rien pour faire la paella à midi ?

batiment

batiment de la Lonja du 15 eme , maison de la bourse et des marchands

Si, comme nous,vous croisez le facteur, vous pourrez admirer ce patio

Si, comme nous,vous croisez le facteur, vous pourrez admirer ce patio

le facteur passe à 13h, calle de los Caballeros

le facteur passe à 13h, calle de los Caballeros sinon  c’est fermé.

place

place de la cathédrale

musée Almudin

musée Almudin

expo de dames en bois

interessante expo de dames en bois

palais de la Generalidad

palais de la Generalidad

Dans la rue de Los Caballeros, nous découvrons un restaurant d’application au sein d’un batiment officiel qui proposait entre autres el menudo de la crisis; nous allons tenter, pour moi ce sera une assiette de soupe de volaille,  c’est à dire dans un bouillon de volaille, un peu de vermicelle + 4 tranches de pain, je ne mens pas ( je sens que vous vous moquez ) soit 5€ avec un verre de vin et café; si ça vous tente, je vous le sers mais à meilleur prix.

menu anticrisis ou attrappe-couillon

menu anticrisis ou attrappe-couillon

Nous allons jeter un regard sur le Valence moderne et futuriste dont tout le monde parle: assez réussi, époustouflant, mais à quoi cela sert tout cela; cela parait vide , sans activité, enfin c’est le sentiment que nous avons eu. Malgré tout, ça donne des photos intéressantes.

la cité des arts et des sciences

la cité des arts et des sciences

autre palais

autre palais

vu d'ensemble

vue d’ensemble, dauphins ou gros scarabbés?

Toutes ces constructions pharaoniques et futuristes ont été bâties avant 2008, lors de la période fastueuse du délire immobilier: Valence voulait alors rivaliser avec Barcelone, sa voisine. Le palais de la science et des arts, oeuvre de Calatrava, date de 2005 et aura coûté à lui seul la somme de 1,28 milliard d’euros, soit quatre fois le devis initial. Aujourd’hui, l’ensemble est devenu ruineux: cinéma vide, planétarium désert, opéra inopérationnel . Et la région connait une dette de 20 milliards d’euros, la deuxième région la plus endettée d’ Espagne après la Catalogne, grâce à la politique de prestige soutenue par le fantasque président de région, Francisco Camps: club de foot, coupe de l’America, circuit de formule 1 etc..etc. Celui-ci, remercié en 2011, est depuis poursuivi dans le cadre d’un vaste scandale de corruption concernant les caciques locaux et autres dirigeants des BTP. Une expression a été créé par le journalisme pour décrire ces faits: « la Palermisation  de Valence ». Eléments extraits de journaux: nouvel obs, figaro, le point, sud-ouest….Et bien voila, rien de nouveau de ce côté de la planète, et il y a des chances que cela continue. Incurie, cupidité, gabegie de l’argent public par des dirigeants atteints de macrocéphalie , tel est le mode d’emploi de ces dernière décennies; les peuples ont matière à être mécontents.

l'aquarium, un des plus grands d'Europe, 42 millions de litres d'eau

l’aquarium, un des plus grands d’Europe, 42 millions de litres d’eau

Vers 16h, nous quittons Valence , en 5 mn nous sortons de la ville. 4o kms plus au nord, vers Castellon, nous longeons le flambant neuf et ruineux aéroport de région, vous savez l’aéroport sans avions…Faute de moyens, absence de licence d’exploitation. Seuls les rapaces ont trouvé de l’embauche pour 90.000 € annuels afin de débarrasser la piste des animaux et oiseaux. Coût total: 150 millions d’euros. A l’entrée trône une statue (24 m de haut) évoquant le potentat local, Carlos Fabra, initiateur du projet : 300.000€ la statue. Fabra, homme politique et entrepreneur local (tiens, tiens, ça va bien ensemble…) impliqué pour trafic d’influence, corruption, fraude fiscale….. Le reste à l’avenant: 40.000 logements vides et 12 golfs attendent sur la côte des voyageurs qui tardent à arriver. Tout le monde compte sur l’arrivée des nouveaux riches…

magasin pour les russes

magasin pour les russes

A la fin du jour qui tombe de nouveau plus tôt (logique, nous sommes plus au nord ) nous nous arrêtons au sud de Tarragone, vers Cambrils et Salou; et là par manque d’indication, nous mettrons 1 heure pour dénicher un hôtel: le Vilamar sur Cambrils. Casse-croute dans la chambre.

MARDI  22  JANVIER

Soleil et fraicheur avec 8°. Mignon, Cambrils sous le soleil, très calme à cette période de l’année.

Cambrils au matin

Cambrils au matin

Puis direction la frontière que nous traversons vers 13h, avec le mauvais temps, le froid après avoir parcouru 3400 kms en 12-13 jrs de périple, consommé 160l de carbu , 4,8 l/100 et à 58km/h de moyenne tout type de voies confondues, merci à l’ordi de bord.

Je vais tenter  un article sur le jambon bellota. Pas facile de s’y retrouver.  Ah, le bellota, le seigneur des jambons. Le jambon ibérico est un jambon espagnol traditionnel fabriqué à partir d’une race précise, la plus pure si possible, le  »cerdo ibérico » à robe noire et onglon noir ce qui lui vaut l’appélation de pata negra; ces porcs sont élevés dans une region précise, le centre ouest  espagnol comprenant la région de Salamanque, de l’Estramadure et nord Andalousie, grandes propriétés plantées de chênes. Lors de la  »glandée », un cochon mange 600-800 kgs de glands. Non, le berger ne s’appelle pas le » glandeur ».

Les jambons sont affinés pendant 24 mois minimum jusqu’à 48 mois pour donner des appelations prestigieuses: jabugo pour la région de Huelva, guijuelo pour celle de Salamanque etc

Il faut distinguer plusieurs variétés de jambon: le jambon iberico de cebo fabriqué à partir de cochons nourris de légumes et céréales, le jambon ibérico de recebo à partir de cochons nourris de glands et compléments, le jambon ibérico de bellota à partir de cochons élevés en liberté dans les paturages et nourris aux glands uniquement. Le flou des appelations entraine certainement de nombreuses tromperies.

Le stockage de la graisse dans les tissus confère au jambon un gout incomparable et unique; on prétend que ce gras n’est pas mauvais pour le cholestérol, donc bon pour la santé, à vérifier.

Pour résumer, le bellota n’est pas un jeu de carte, ni un jeu de paume, le jambon ibérico de bellota est un jambon fabriqué depuis un cochon iberique pure souche ou presque, élevé en paturage libre et nourri aux glands dans une région bien précise, la Dehesa. Bellota voulant dire gland . Voilá, c’est tout simple.

En conclusion que dire? simplement, l’ Andalousie, et ce séjour en général, nous avons a-d-o-r-é.

En hiver, les journées sont bien sur plus courtes et fraiches surtout le matin et soirée, mais à midi les températures peuvent être élevées; donc prévoir des vêtements en conséquence …et des lunettes de soleil car pas mal de soleil et ciel bleu comme le montrent les images. Les lieux touristiques (et les paysages somptueux ) sont à cette époque calmes, et les déplacements faciles sur route car peu de circulation. L ‘accueil des espagnols a été chaleureux, beaucoup de disponibilité – nous avons fait de superbes rencontres – les prix – hébergements , restauration et produits de base –  sont attractifs à cette période; c’est le moment d’en profiter, nos voisins dans la crise seront heureux de vous recevoir. Si les français sont prétendus pessimistes, les espagnols ne nous ont pas semblé très gais, nous avons ressenti chez eux pas mal de colère, la cause à la crise, à la mauvaise gestion du pays, mais ils ont conservé leur sens de l’accueil. Un conseil: foncez-y… en avion, en voiture et… si vous êtes en camping-cars, à la retraite vous pouvez y trainer quelque temps sans vous ennuyer. Il me semble.

Commentaires acceptés.

6 réflexions sur “ANDALOUSIE en Hiver

  1. très bien rendu ce petit tour en Andalousie , 1 retraitée convaincue de la douceur de vivre a Almunecar , nous passons tout l’hiver là avec mon maris et somment ravis de l’accueille et la gentillesse de tous . Claudine.Belg

  2. L’Andalousie est immense plus grande qu’une région française de Almeria, a Cadix,
    Grenade, Ronda, Malaga, Mméditerranée Atlantique bien des climats différents. Entre celui qui vit à Nice et st Chely on est dans le sud de la France pourtant 20° de différence au moins.
    Personnellement ayant passé de nombreux mois je n’ai trouvé un climat doux qu’a Fuengirola et les environs situé plus bas géographiquement qu’Alger ou Tunis et abrité par la sierra névada et la sierra de Mijas.
    Mais peut être pendant les 5 hivers j’ai eu de la chance, il y avait à l’époque de la canne à sucre, pour le climat je ne me base que sur les plantes elles ne mentent jamais.
    Coste Claude

    • Tout à fait d’accord, d’ailleurs-comme on peut le lire- nous avons connu le chaud et le froid, surtout dès qu’on progresse en hauteur, nous avons aperçu plusieurs fois la neige. A noter aussi de grosse différence de température entre le matin et le midi…Nous avons connu un grand ensoleillement alors qu’il neigeait en France.
      Aux alentours de Almunecar, on cultive la canne à sucre, la banane, les anones, les avocats etc nous avons ramassé dans les vergers des anones délicieuses à la dégustation; d’ailleurs, outre les oranges et mandarines, nous avons ramené du sucre de canne, des avocats , à tout petit prix
      Nous avions adoré ce séjour, les gens, l’accueil, la période…nous avions juré d’y revenir…mais nous sommes repartis en Asie, mais on reviendra.
      Ce récit est le sujet qui provoque le plus de consultation…plus que l’Asie et le Brésil…la question qui revient:peut-on passer l’hiver en campingcar en Andalousie sans crainte?
      je crois que la réponse est: oui
      merci de votre commentaire

  3. Holà ! merci pour ce récit de voyage qui correspond assez à ce que nous avons vu.
    Frais retraités, nous avons découvert l’Espagne et l’Andalousie en janvier dernier, traversé depuis San Sebastian via Burgos/Madrid/Malaga (tout autoroute quasiment gratuite sur tout le parcours), séjourné une dizaine de jours entre Salobrena/Almunecar/Nerja (tous les hôtels affichaient 50% même les plus chics, un 4* coûtait max. 40€ pt déj inclus, aucun problème de logement sans résa)(beaucoup de camping cars, tous étrangers, sur les bords de mer comme à Motril/Playa Granada); côté restauration, poissons frais ou grillés à gogo, oranges fraîches (4 kg pour 2€) et le verre de vin/bière avec tapas gratuites -jusqu’à 16h maxi- est une institution qui permet de tenir jusqu’au dîner même tardif ! Nous avons aimé la Costa Tropical en hiver et nous y retournerons certainement pour un plus long séjour. Le choix de locations est vaste entre 350€ et 550€ le mois pour un appart avec 2 chambres doubles et tout le confort, y compris la terrasse avec vue sur mer et la clim réversible (un seul jour de pluie sur deux semaines, 20-25° les après-midi au soleil, mais les matinées et les nuits sont fraîches autour de 7-10°, il faut un peu de chauffage! ), via agences ou sur les sites de particulier à particulier comme rentalia.com.

    • merci pour votre commentaire, je vois que cela a peu changé vers l’Andalousie; ce fut un bon souvenir. L’hiver, nous avons tendance à aller aux Philippines mais l’Andalousie en hiver demeure très attractive par les tarifs, l’ensoleillement, l’accueil la proximité; d’ailleurs c’est l’article le plus consulté de mon blog et de très loin. Profitez-bien . B

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