PHILIPPINES 2015

Ce dimanche 1 mars à 10 h, nous descendons du bus de la Victory Liner à Bagabag pour attraper un jeepney pour Banaue, ce faisant nous quittons la grande route Manila-Tuguegarao pour emprunter la route vers la montagne: il nous reste encore une soixantaine de kms à parcourir.

La veille, nous avions pris le bus dans le quartier Sampaloc à la gare de la Victory et fait étape au niveau de San José, Nueva Ecija, au bout de 160 kms environ. Puis ce matin, nous avons traversé la Nueva Biscaya jusqu’ici pour 120 kms de plus avec des paysages de toute beauté faisant songer à l’Espagne centrale.

petite collation proposée dans les gares routières

petite collation proposée dans les gares routières, 50php vaut 1 euro.

Encore unchangement de jeepney à Lagawe et à 13 h30, nous atteignons Banaue pour 90 pesos chacun; la montée nous a semblé facile chassant les dernières craintes liées à des lectures plutot inquiétantes sur les routes de la Cordillère.

BANAUE et les RICE TERRACES: nous y voilà enfin, nous en révions de cette huitième merveille du monde depuis quelques années, nous attendions le bon moment; il fait beau et on nous annonce du beau temps pour les jours suivants.

D’abord se trouver un logement; le village est un peu animé mais je m’attendais à pire. Le sol, ici , est taché de jus de chique rougeatre car chiquer est la coutume . Dans la rue, une fille nous indique un logement un peu plus loin, le Terraceville Inn sur la Banaue-Bontoc Road; le batiment modeste est sans indication et connait un grand calme mais dedans c’est très coquet et nous avons une jolie chambre en bois avec un balconnet et vue sur la vallée. La propriétaire est totalement accaparée par un jeune enfant handicapé qu’ elle porte en permanence en bandoulière, c’est sans doute la raison qui explique que l’ hotel semble tourner au ralenti, aussi pas de service de repas prévu , ni petit dej.

Banaue au petit matin.

Banaue centre au petit matin.

Puis prendre une collation: nous ferons un excellent repas au Sanafe restaurant, sur la terrasse avec vue sur les rizières; je vous le recommande.

Enfin, reconnaitre les lieux, il nous reste un peu de temps avant la tombée de la nuit. Nous partirons par la route vers le Viewpoint à quelques kilomètres, sur le chemin nombreuses vues sur les rizières, rencontre avec de vieux Ifugaos en costume traditionnel pour l’occasion de la photo et quelques ateliers artisanaux travaillant le bois.

rencontre avec notre premier Ifugao, il semblait agé...émouvant.

rencontre avec notre premier Ifugao, il semblait agé…émouvant.

au viewpoint, autres Ifugaos, toujours les mêmes que l'on trouve sur toutes les photos.

au viewpoint, autres Ifugaos, toujours les mêmes que l’on trouve sur toutes les photos.

des motards suréquipés venus de Manille tentent la descente sur des vélos de bois, pas facile

des motards suréquipés venus de Manille tentent la descente sur des vélos de bois, pas facile

Les rizières ne sont pas très vertes, nous sommes un peu déçus et cela manque de luminosité.

rizières de Banaue

rizières de Banaue: elles ne sont pas très vertes car le riz n’ est pas encore planté, un petit rayon de soleil quand même.

Retour par le même chemin,  puis diner en ville. Nous nous coucherons de bonne heure car demain, il est prévu une grande marche pour rejoindre Batad. Cette rando nous a été fortement recommandée par des compagnons de voyage dans le sens Kinakin-Cambulo-Batad: l’arrivée finale sur les rizières de Batad serait à couper le soufle d’après eux.

Le lendemain, lever à 6 heures, petit dej en ville, ça commence à bouger dans les hotels, les voyageurs font les valises; nous quittons le Terraceville Inn et sa propriétaire à regret, cette dame était d’une grande dignité: elle nous conseillera le Ramon Homestay pour une nuit à Batad.

Pour 200 php, notre chauffeur de tricycle nous conduit par une route en chantier et nous dépose à Kinakin junctiun, il est 7 h 30 et l’air est frais à 1300m d’altitude environ; nous prendrons le chemin qui monte à gauche, le seul qui conduit à Cambulo.

la route de Banaue vers Batad que nous venons de prendre, au loin Banaue quelque part

la route de Banaue vers Batad que nous venons de prendre, au loin Banaue quelque part.

Nous attaquons la grimpette  tranquilles, un pied après l’autre, ne pas se presser et garder de la réserve au cas où; nous croisons des enfants qui descendent la pente cimentée vers l’école sur de droles de petits engins roulants en bois , des confections personnelles.

Au bout d’ une demi-heure, nous atteignons un col par un chemin cimenté, après ce sera chemin en terre  jusqu’à Cambulo à travers la verdure; il fait beau, pas de boue et la chaleur commence à se faire ressentir; nous voyageons léger, très léger, nous avons laissé une bonne partie de nos affaires à Manille.

des rizières dans des coins perdus et personne en vue.

des rizières dans des coins perdus et personne en vue.

les cantonniers réhabilitent le chemin, le jeepney passe par là une fois par jour.

les cantonniers réhabilitent le chemin, le jeepney passe par là une fois par jour.

maison de repos sur la route.

abri pour se reposer en chemin et se protéger de la pluie ou du soleil.

Un petit arrêt pour se restaurer et s’hydrater, et nous finirons par apercevoir le village en contrebas et vers 10 h 30 nous atteindrons le centre  de Cambulo entouré de rizières. Fastoche jusque là; le village est assez important et propose quelques logements.

vue sur Cambulo, encore 2 kilomètres

vue sur Cambulo, encore 2 kilomètres

cet habitat indigène recouvert de toles n'a pas gardé son toit traditionnel. Dommage.

cet habitat indigène recouvert de toles n’a pas gardé son toit traditionnel. Dommage.

Nous ferons une petite pause pour nous rafraichir dans l’un d’eux. Pas d’occidentaux  dans le coin. En fait , on peut dormir ici: c’est simple, propre et les propriétaires très amicaux; nous bavardons un peu et nous nous faisons expliquer  la technique pour chiquer car ici tout le monde chique. Cela possède une action stimulante.

le matériel complet pour bien chiquer

le kit complet pour bien chiquer: une feuille de vigne vierge sauvage+ du tabac+de la noix de betel+de la poudre de calcaire venant de coquille broyée ( escargot ou coquillage ).

Cela vaudrait le coup de s’arrêter une nuit là: le nom je crois, le Cambulo guest house tout simplement. Si vous passez par là!

à l'aise les livreurs

à l’aise les livreurs

Après 20 minutes d’arrêt, il nous faudra reprendre le chemin, c’est tout simple c’est tout droit.

le bon chemin pour Batad.

le bon chemin pour Batad.

Nous longeons quelques rizières et une rivière puissante à travers la végétation; la hauteur des murets est parfois impressionnante.

les murets des rizières à 2-3 mètres de haut, l'entretien est un travail colossal.

les murets des rizières à 2-3 mètres de haut, l’entretien est un travail colossal.

Après une heure et 30 minutes de marche supléméntaire facile, nous sortons des sous-bois et en quelques secondes, c’est le choc, l’émerveillement: BATAD apparait dans toute sa splendeur en amphithéatre; nous nous asseyons et nous contemplons. On ne nous avait pas menti, c’est magnifique.

les rizières de Batad

les rizières de Batad

Le plus dur reste à faire, descendre 400 marches à la hauteur importante et ça, cela  nous tuera. Nous arriverons en bas avec les mollets et les genoux morts. Pourtant, nous avons l’habitude de marcher. Mais les marches de 40cm de haut, ça vous casse.

le village du bas autour de l'église

le village du bas autour de l’église

Il nous faut regrimper de l’autre côté pour rejoindre chez Ramon, encore plus dur. Nous calons plus ou moins. De petits groupes de touristes se promènent dans les rizières mais quand il s’agit de quitter l’amphithéatre, on voit qu’ils sont à la peine alors qu’ils ont été transportés.

Chez Ramon Homestay, nous n’irons pas plus loin: une hutte indigène fera l’affaire, éclairée à la bougie SVP . Nous sentons que nous y serons très bien, pas trop de touristes dans le quartier. En fait, en fin de journée, beaucoup de visiteurs quittent Batad pour revenir sur Banaue et poursuivre leur périple.

detail d'une hutte, l'échelle sert à grimper pour rejoindre le logement

detail d’une hutte, l’échelle sert à grimper pour rejoindre le logement

A 14h 30, nous nous asseyons pour notre repas, affamés et avec une vue unique. Nous tenterons le vin de riz  pour l’apéritif, une vraie douceur avec arome de fumée.

le village du bas vue depuis Ramon

la vue depuis chez Ramon.

L’après-midi se passera en repos, en reconnaissance, en discussion avec les locaux mais nous n’avons pas la force de nous rendre aux Tappiya waterfall, recommandés pourtant, sans doute demain.

notre voisin ifugao.

notre voisin de palier ifugao.

Nous rencontrerons un jeune couple de la côte d’azur, nous passerons la soirée ensemble en dinant; c’est bien de temps en temps de rencontrer des concitoyens . Puis au lit de bonne heure, extinction des bougies.

notre lit douillet.

notre lit douillet.

Ce 2  mars, nous nous lèverons à la fraiche  – grand soleil – après une bonne nuit mais avec de belles douleurs des mollets; après un bon breakfast, nous sommes prèts à repartir abandonnant l’idée de nous rendre aux chutes…l’endroit est super et encourage à s’attarder, on reviendra.

petit déjeuner de bon matin

petit déjeuner de bon matin

Pour le moment, le chemin nous appelle: direction les rizières de BANGAAN. Il nous faut grimper pour quitter l’amphithéatre de Batad, quelques belles marches encore.

Puis nous prenons le sentier du col de Batad à pied; en fait, le coin est en chantier, des ouvriers tracent une route à coup de dynamite , coût des travaux = 45 millions de pesos; et dans quelques mois les touristes seront déposés directement au niveau du village, ça va augmenter la fréquentation. Que va devenir ce superbe endroit?

la route se rapproche du Batad's top, plus que un kilomètre

la route se rapproche du Batad’s top, plus que un kilomètre

Ces rizières en terrasses de Banaue sont vieilles de 2000 ans, elles sont le résultat d’un savoir faire ancestral des peuples de l’Ifugao; elles montrent la maitrise des Igorots dans la construction des terrasses ainsi que dans l’irrigation en montagne autour de 1000- 1500 m; elles ont été classées au patrimone mondial de l’UNESCO en 1995. Le succès grandissant des rice terraces entraine le désintérêt des jeunes pour la riziculture, ils délaissent leur village et l’ agriculture  pour un travail dans le tourisme. Comme ailleurs; avec le risque de perdre leur identité  et le risque de fragiliser l’existence des terrasses…etc , pour en savoir plus: whc.unesco.org/fr/list/722.

En 1 heure nous atteindrons le col – Batad saddle – à 1350 m: une petite pause pour boire de l’eau de coco au sari-sari store.

au sari-sari store, de quoi chiquer pour 15 pesos only.

au sari-sari store, de quoi chiquer pour 15 pesos only, en tagalog Taluwan.

Dans la descente vers la vallée, nous  réaliserons que nous avons loupé l’embranchement pour Bangaan; finalement nous joindrons  BANGA-AN par la route peu fréquentée tout simplement.  Et là, la vue est fantastique.

village traditionnel

village traditionnel vu depuis la route.

Allons voir cela de plus près.

encore 100m pour atteindre le village.

encore 100m pour atteindre le village.

Quelques dizaines de marches plus bas, nous atteindrons ce village paisible, composé d’une trentaine de huttes traditionnelles. Au centre deux jeunes personnes se consacrent à la lectures, allongées sur des bancs de bois: elle, c’est Christina , américaine; lui, Stéphane, un jeune français, ce sont des compagnons de voyage, ils font un bout de chemin ensemble depuis quelques jours … et ils se sont posés là.

Nous bavardons, le temps passe et nous ne le voyons pas passer; Anika, la propriétaire des lieux nous a rejoints, elle parle un anglais correct appris à l’école et semble d’une douceur extrème.  Nous ne pourrons pas aller  plus loin, cet endroit est pour nous. Nous  demandons à Anika  de nous loger mais elle a déja loué sa hutte aux deux jeunes; elle ajoute:  » vous pouvez partager, you can share  ». Nos deux jeunes semblent contents de nous acceuillir.

détail de notre logement.

détail de notre logement.

Peut-elle aussi nous faire à manger?  Elle nous prèparera un plat d’herbages tout frais cueillis au jardin accompagné de riz rouge; dans les villages de montagne, les plats végétariens sont répandus car la viande est rare et la conservation compliquée.

le mari de Anika prépare le riz

le mari de Anika prépare le riz, notez que le sol est couvert d’énormes pavés de pierre. La maison repose sur 4 piliers, des troncs coupés au niveau du collet donc avec une base très large. Notez aussi les  cercles de bois servant à protéger la demeure des rongeurs, comme en Europe.

Nous trainons un peu dans les alentours, nous observons la vie, plutôt calme.

plants de riz à repiquer.

plants de riz à repiquer et petit jardin d’herbes et de légumes.

deux dames agées repiquent le riz, pas grand monde dans les rizières.

deux dames agées repiquent le riz, pas grand monde dans les rizières.

Nos deux jeunes ont envie de bouger, que faire dans les environs? Il y aurait des sources chaudes pas loin mais où, à combien de kilomètres, en combien de temps? Difficile d’ avoir une idée exacte: la notion du temps et des distances reste floue dans ce pays.

Anika nous pousse au départ si nous voulons rentrer avant la nuit; nous voilà partis à pied pour les Ducligan hot spring pour 5-6 kms environ et un peu tard sans doute. Le chemin sera long mais le moral est bon, dans un virage nous atteindrons un village,  DUCLIGAN peut-être…un chemin escarpé sur la droite devrait nous mener vers la Ducligan river et aux sources chaudes en 20 mn. Espérons qu’il y aura de l’eau au moins !!

Rizière à Ducligan

Rizière à Ducligan

Mais en bas, les bains – une espèce de grande piscine rectangulaire et 2  bains circulaires – sont vides; la source chaude affleure au niveau de la berge de la rivière et devrait alimenter les bains mais seule s’écoule un peu deau  brulante;  quelques femmes lavent le linge. Dans la Ducligan voisine, un groupe d’enfants pataugent, ils maitrisent bien l’eau et nous montrent ce qu’ils savent faire: plongeon et nage sous l’ eau… Nous ferons de même, plus que ça pour récompenser nos efforts.

les enfants des environs

les enfants des environs s’amusent.

Mais il faut penser au retour et nous serons rattrappés par la nuit, nous finirons le chemin éclairés par la pleine lune et nos portables. Encore une belle promenade.

Anika nous attendait, inquiète, cette femme est une vraie mère-poule pour nous.

D’abord, une bonne douche:à quelques marches plus bas coule un ruisseau, l’air est déja frais, un tuyau sort de la colline, c’est à son eau que l’on se lave; et là, sous la seule lumière de la lune et de la voie lactée à portée de main, on est seul au monde…on voudrait que le temps se fige.

Après notre repas végétarien, tout le monde au lit, nous dormirons tous les quatres comme des bébés.

Le lendemain, il nous faut songer à partir vers Bontoc, encore une semaine avant le retour vers l’Europe. Après notre breakfast ( café, thé local, fruits ) Anika souhaite nous faire porter la tenue traditionnelle Ifugao. Anika, elle ne connait pas son age faute d’Etat Civil, elle a neuf enfants, certains sont partis à la ville loin d’ici, l’une est à Baguio; nous lui donnons la soixantaine. Voilà ce que cela donne, ne riez pas!!!

de vrais ifugaos

de fiers ifugaos

Ce sera assez émouvant de quitter le village, ainsi que Anika et Stéphane; Stéphane fut un bon compagnon de chemin, il a décidé de rester un peu, il se sent bien ici. Anika, nous avons perdu son nom avec regret, un beau nom indigène, elle fut bonne pour nous. Christina doit repartir vers Manille, elle doit rentrer aux USA, le voyage se termine. D’abord grimper jusqu’à la route et attraper le jeepney pour Banaue à 15 kms.

ce chauffeur est un gredin, il nous a fait payer le prix fort, spécial touriste; cela reste rare mais c'est arrivé à Banaue.

ce chauffeur est un gredin, il nous a fait payer le prix fort, spécial touriste; cela reste rare mais c’est arrivé à Banaue.

uparcoursn plan de notre

Un plan de notre parcours à pied: Kinakin-Cambulo- Batad-Bangaan-Ducligan et retour.

Le bus pour Bontoc partira à 13h du bureau du Tourisme: 50 kms pour joindre Bontoc par une  belle route en altitude, à travers des pierriers, digne des Alpes; parfois il est nécessaire de stopper pour dégager la voie de pierres qui tombent de temps à autre.

Avant l’arrivée sur Bontoc, nous apercevrons côté gauche, la belle rizière et le village de Bay-yo puis, nous traverserons Talubin; ici, en février 2014, un bus de la Florida a connu une rupture de frein et a chuté dans le vide faisant 14 morts dont des occidentaux. Cette route, bien que très améliorée, reste dangereuse, beaucoup de virages et ravins.

BONTOC, la capitale de la Province de la Montagne – Mountain Province – compte 24000 habitants et est posée sur la puissante Chico river ( rafting possible ); ce n’est pas une ville très  attirante mais passage obligé pour Maligcong ou Sagada; dans les restaurants on y mangerait  du chien, spécialité locale. Les rues sont maculées plus que jamais de salives rougeatres; le maire excédé a fait poser des panneaux  » interdit de cracher  » et disposer des crachoirs sur les trottoirs, cela donne: « no spitting of moma anywhere  » ou  » please dn’t spit your moma here « . Vous pouvez être verbalisé, 50 pesos le premier jus de chique, 100 pesos le suivant ainsi de suite; le moma désigne la chique….

Au Municipal Hall existe un bureau de tourisme efficace avec vieilles photos et plans. Nous mangerons rapidement et tardivement au Goldfish café, un lieu sympa à signaler, ainsi que de belles photos sur les murs. Nous nous poserons dans un hotel à la façade rouge, sur Mountain Province road, très fréquenté par la jeunesse locale mais nous n’avons pas retenu le nom.

Demain, nous tenterons de joindre Maligcong, c’est à deux pas.

On atteindra Malingcong après une montée de 6 kms avec un jeepney.

l'arrivée à Maligcong avec notre jeepney.

Le terminus de Maligcong avec notre jeepney.

Puis promenade libre dans les rizières

Maligcong, sur le chemin de Favarey

Maligcong, sur le chemin de Favarey

ici, nous observerons le travail dans les rizières, consolidation des digues, brassage de la boue à la main avant la plantation etc. Le travail est effectué surtout par les femmes, parfois agées. On ne voit pas trop les hommes: pourquoi chiquer autant pour avoir des forces dont on ne se sert pas!!

vieille dame entretenant le mur d'une rizière avec des fougères dans sa coiffure pour se proteger du soleil.

vieille dame entretenant le mur d’une rizière avec des fougères dans sa coiffure pour se proteger du soleil.

cette paysanne ramasse des escargots avant le repiquage du r iz, les escargots sont friands des jeunes pousses.

cette paysanne ramasse des escargots avant le repiquage du riz, les escargots sont friands des jeunes pousses.

labourage: préparation des sols à l'aide des bras.

labourage: préparation des sols à l’aide des bras.

rizières de Maligcong.

rizières de Maligcong: ici le riz n’est pas encore repiqué.

Tentez de joindre l’étonnant hameau de FAVAREY, le plus éloigné, installé sur un éperon , entièrement vidé pour cause de travaux des champs : ici vous découvrirez le DAP-AY, lieu du conseil ( concil of elders ) , un endroit important tout de pierre bati. Vous verrez aussi des enclos pour les animaux tout en pierre ou encore vous marcherez dans les ruelles sur des dalles qui sont aussi des tombes.

FAVAREY.

FAVAREY.

Le DAP-AY ( ou encore Ator ou Ato ) est typique de la culture de la province des montagnes et des environs. C’est une construction en pierre de forme circulaire: les pierres sont posées de façon à former plusieurs sièges avec dossier, le sol est couvert de dalles rocheuses sauf au milieu où il reste un espace pour faire un feu; l’aspect du Dap-ay peut varier.

Ce fut l’ institution officielle de l ‘ apprentissage  ( initiation des coutumes, rituels et technique de soins aux plus jeunes de la tribu ), de la direction des affaires de la communauté, de la création et respect des lois, de l’ application de la justice…

Ici, était le siège de la gouvernance qui , en faisant respecter les rituels, cherchait à préserver l’identité, la paix, la spiritualité de la communauté pour vivre en harmonie. Les anciens désignés siégeaient au Dap-ay pour régler les différents, résoudre les conflits, prendre des décisions économiques ( date des cultures, chasse etc par ex ).

Parfois, le Dap-ay pouvait présenter un toit ou une maisonnette , c’était alors le dortoir des garçons célibataires.

Cette coutume fut traditionnelle dans la Cordillère depuis des générations: qu’est-elle devenue depuis l’installation d’un pouvoir central?
Une autre coutume était la chasse aux têtes, head hunting, qui allait de pair avec le tatouage: plus le guerrier rapportait de têtes, plus il portait de tatouages. Cette coutume disparaitra progressivement vers 1950. Cette pratique a-t-elle totalement disparu? je n’en mettrais pas ma main à couper!!

Pour en savoir plus sur le tatouage des femmes filipinas, pour être belle et pouvoir se marier: www.the-other.info/2014/last-tattoed-women-kalinga-jake-versoza?lang=fr, magnifiques images de Jake Versoza. Ou encore le travail de Lars Krutak: larskrutak.com/the-last-kalinga-tattoo-artist-of-the-philippines/ admirez au passage la beauté de Whang-Od, 90 ans et plus,la dernière tatoueuse kalinga .

une ancienne, la seule personne aperçue.

une ancienne, la seule personne aperçue.

greniers à riz en bois de Favaray.

greniers à riz en bois de Favaray.

Sur le chemin du retour, nous croiserons un jeune couple hollandais, ils ont le projet de joindre MAINIT  et ses sources chaudes à quelques kilomètres, à pied; cela nous aurait tenté de nous joindre à eux.

Avant de quitter Maligcong, nous passons   prendre un pot au Maligcong Homestay and coffee shop: la patronne Suzette est hyper accueillante et nous offre un café local sur sa terrasse. Je lui dis que SUZETTE est un prénom français mais elle le savait; en fait sa mère avait feuilleté un journal la Semaine de Suzette et ce nom lui plaisant, l’avait donné à sa fille; vrai de vrai. Ici, possibilité de passer la nuit, quelques chambres.

A cette heure, plus de jeepney, il nous faudra redescendre à pied les 6 kms vers Bontoc, et depuis Batad, nous avons toujours mal aux mollets; nous serons accompagnés par un très beau chien, bien soigné: j’essaye de lui expliquer que Bontoc , c’est pas bon pour lui, avec tous ces bouffeurs de chien . Croyez-vous qu’il comprendrait?  A la pancarte Bontoc, entrée de la ville, il a rebroussé chemin…trop fort ce chien, il comprenait le français!!

la descente vers Bontoc à travers les pins, on croirait le Sud.

la descente vers Bontoc à travers les pins, on croirait le Sud de la France .

A 13h, nous serons dans Bontoc, juste à temps pour le bus de 13h 30 pour SAGADA: 22 kilomètres de route en suivant d’abord la Chico river puis montée bien raide dans le final; dans un virage, notre engin vacille: crevaison, première crevaison du séjour.

notre véhicule immobilisé.

notre véhicule immobilisé.

En attendant sur le bord de la route le temps de la réparation, nous verrons passer des vans flambants neufs, des Toyota Hiace 4×4 aux vitre teintées, des Pajero, des Toyota Hilux, des engins avec des noms en eur: des Fortuner, Trooper et autres Discovery… c’est la richesse du pays qui passe sur cette route entièrement cimentée depuis peu, jusqu’alors une  simple piste difficilement praticable par temps de pluie. Un ami de voyage disait qu’ il y avait maintenant sur l’archipel une classe moyenne émergente; donnons-lui raison, elle existe… nous l’ avons rencontré…et elle émerge vite.

6 réflexions sur “PHILIPPINES 2015

  1. Bonjour,

    Je vous remercie réellement pour votre fin témoignage car nous envisageons d’aller courant juillet avec mon conjoint et mon fils de 11 ans aux Philippines et vos conseils nous serons vraiment précieux. Votre blog est très complet et très bien fait.

    Encore MERCI
    Isabelle de Bretagne

    • merci pour votre gentil commentaire que j’accepte volontiers, j’ai du mal à écrire ce dernier voyage ayant pris du retard dans la redaction et j’espère en venir à bout
      cela fait 5 ans que nous nous rendons dans ce pays et nous révons d’y revenir, nous y trouvons ce que nous recherchons, l’idée exacte du mode de vie, du voyage, du pays que nous imaginions
      je ne peux que vous encouragez à y aller

      B

  2. Bravo pour vos commentaires, très intéressants
    Nous partons mi juillet pour un mois et allons probablement osciller entre Bohol et les environs peandnt 10 jours puis les Palawan
    Stéphane de.. Rennes

    • un mois, formidable; vous allez pouvoir en profiter
      pas loin de Bohol, Siquijor c’est très sympa et accessible aisément
      Palawan extraordinaire: el Nido, Port Barton, la plage de Sabang…la baie de Honda un peu décevant
      je vous souhaite des bons moments

      Bernard

  3. J’ai enfin lu ton blog ,les rizières font revées mon dieu que cela est beau!Tu es vraiment doué tu devrais écrire un livre sur les Philippines Le titre un Périgourdin en vadrouille aux Philippines.Bises mon Bernard

    • merci pour ton commentaire et content que cela te plaise, je craignais que cela soit trop long ou pas clair. en final, cést un français en vadrouille ou un francoy aux Phils…j’ai l’intention de changer le titre car il ne retient pas l’attention des gens sur le web bises B

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