RETOUR A CARABAO

A Ondiongan, nous prendrons un collation au Lyn’s, le seul café digne de ce nom; a coté de nous un vieux couple filippin cherche à engager la conversation; c’est un peu difficile: le vieux monsieur nous dit: » vous etes francais? »-oui. Je finis par comprendre qu’il me parlait de Charles de Gaulle, puis de la Marseillaise; il se mit alors à nous fredonner l’hymne national français , et là au milieu du Lyn’s bar, je faillis me mettre au garde à vous.

La famille insistant, nous passerons la soirée et la nuit à Libertad: RUEL, le frere de Amor, nous présentera son nouveau business, la vente de popcorn à la sortie des écoles, 5p le sachet , parfumé au fromage c’est plus cher soit 7p ; il nous avouera gagner 1000p par jour, sans les frais…Tres fier, il insistera pour nous offrir un sachet de popcorn. Il faut faire preuve d’esprit inventif aux Phils pour gagner quelques pesos.

Christine en discussion avec Tatay,… en tagalog

Le lendemain, temps acceptable, nous quittons Libertad au regret de la famille pour essayer d’attrapper la bangka de Santa Fe pour Carabao que nous louperons suite a differents évenements, nous obligeant a dormir sur place. Santa fe, encore un joli port de mer: nous dormirons á la maison bleue, logement plus que sommaire, doté d’une terrasse fraiche  face a la mer, négocié à 300p, (la modeste somme de 5e) jamais nous ne serons tombés aussi bas; nous serons sous bonne garde , car notre voisin de chambrée est le garde-cote.

Avec l’arrivée de la pluie et du vent , notre maison prendra l’eau pendant la nuit, la toiture étant percée, heureusement la chambre sera épargnée. La traversée va etre musclée , sans doute.

Au matin, nous nous présenterons à l’embarquement; des gens attendent depuis 4h, arrivés de Manille via Ondiongan par le ferry de nuit. Nous sommes déja 12 passagers dont un nourrisson de quelques mois. Vers 9h, surprise, une petite bangka arrivera de Carabao, la grande bangka habituelle étant en réparation suite à des dégats occasionnés par le dernier coup de vent.

notre petite bangka: embarquement pour Carabao

Vers 9h30, le chargement des marchandises et des bagages commencera, suivi d’ une moto, de fer à béton, des caisses de bière et de coca…; enfin les passagers, puis d’autres marchandises et d’autres passagers juste descendus  du dernier jeepney. Le bateau prendra la mer bien chargé; une fois en pleine mer, la pluie s’abattera sur cette coquille de noix: l’équipage nous fournira une bache pour nous protéger et la solidarité s’organisera en pretant des parapluies aux plus exposés. La mer se creusant, notre pilote fera preuve d’adresse en négociant les vagues au mieux nous épargnant ainsi les embruns.

Le plus spectaculaire sera l’arrivée: le bateau s’échouera sur la plage les vagues dans le dos et l’équipage organisera le débarquement en portant un à un les passagers jusqu’au sable ferme; ceux qui s’aviseront de débarquer par leur propre moyen seront trempés jusqu’à la taille ou renversés par les vagues. Le nourrisson sera débarqué de meme avec grand soin sous les regards amusés de la population: il n’aura pas poussé le moindre cri durant la traversée.

débarquement par porteur spécial

Nous débarquerons chez notre amie Helen sans crier gare, en effet impossible de la joindre par tel (on apprendra qu’elle a perdu son portable). Faute de moyen, le Carabao lodge est en perte de vitesse, mais Helen nous logera malgré tout…dans les appartements de son boss: un magnifique appartement en marbre au sol et boiseries sculptées, salle de bain immense et chambre de 50m carré pour une somme dérisoire que nous tairons pour ne pas vous rendre envieux. Nous resterons là quelques jours avec le soleil revenu. Carabao demeure une de nos destinations préférées.

Apres 3 séjours sur cette ile, les gens nous reconnaissent et nous interpellent: l’un deux sera fier de nous presenter son dernier business (en famille avec femme et enfants), la culture et la vente de Agar; il place donc des filets dans l’eau et en 2mois et demi, les algues agar-agar s’y fixent, se développent et sont bonnes à ramasser; apres, il faut les secher et les reduire en poudre; cout final 80p par kilo, cela me laisse pantois.

Carabao a du mal à décoller malgré ses atouts, nous y croiserons peu de touristes. A 2  encablures, Boracay (près de 300 hotels) est submergée de coréens et russes, les nouveaux riches de l’est. Nous ferons la connaissance d’ un jeune couple franco-suisse, repreneur de l’unique centre de plongée de l’ile; ils semblent expérimentés….si cela vous tente.

Boracay et les coreens

Le 8 janvier, nous quitterons Carabao sous la pluie revenue, direction le sud. Notre projet en gros, est d’atteindre les Camotes et de remonter vers Manille en passant par LEYTE, SAMAR et le sud LUZON.

NOUVEL AN A BUENA VISTA TABLAS ISLAND

vue globale de PUERTO GALERA sur Mindoro

Nous repartons vers le sud pour une longue virée d’un mois: premiere étape chez Lucas, plage de Talipanan à Puerto Galera; Lucas, déja connu pour ses pizzas et son restaurant propose maintenant quelques chambres simples directement sur la plage, ce qui nous convient. En général, nous recherchons un hébergement basique, bon marché entre 500 et 1000pesos (9-18euros), propre,calme, avec douche eau froide, un espace commun genre terrasse ou salon, pas trop surpeuplé  et si ça donne sur la plage cela ne gache rien.L’ambiance generale, ici,  est bon enfant, cosmopolite; nous sommes entre noel et le nouvel an, c’est encore les vacances, il y a un peu de monde; la cuisine sent bon, le restaurant tourne bien et attire du monde.

Talipanan beach, chez Lucas: le resto à drte, notre chambre dans le batiment gauche

Là, nous louerons une moto pour nous promener dans le quartier et nous pousserons jusqu’aux Tamaraw falls les plus belles cascades du coin. Demain, départ pour Roxas oú nous esperons attraper la bangka pour Odiongan (Tablas island) autour des 10h; cela risque d’etre juste.

PUERTO GALERA-ROXAS

Lever de bonne heure, petit dej sur le pouce.Nous demandons la note pour les nuitées, les repas et la moto; et là, douce suprise, une facture pur miel comme on les aime ;encore mieux, Lucas et sa femme partent au marché et nous proposent de nous deposer au départ des vans à l’écart de la ville. A 6h3o, nous attraperons ainsi le premier van pour Calapan en compagnie d’un jeune couple quebécois-thai, frais arrivés. 6h 30 et la chance nous sourit . Une cinquantaine de km sur une route toute neuve mais deja abimée par la pluie et les glissements de terrain, que nous avalerons en une heure, la chance continue.

glissement de terrain sur la route de calapan

A Calapan, il nous faut changer d’engin et emprunter le van  » express y derecho » pour Roxas à 120 kms environ (derecho en tagalog signifie direct). C’est à partir de cet instant que la chance nous quittera….Il s’avérera que le van express et direct n’en portait que le nom: il faisait des arrets incéssants, des détours pour charger les passagers; le véhicule était bondé, jusqu’à 20 passagers parfois, plus les bagages. De plus, la route deja en travaux en fevrier 2011, l’était encore et le temps s’écoulait désespérement…Pour finir, notre engin rendra l’ame sur le bord de la route et il nous faudra  en interpeller un autre, toujours aussi bondé . En arrivant à 11h, nous aurons largement loupé notre navire; nous prendrons maintenant celui de demain. En attendant , il nous faut trouver un endroit où passer l’apres-midi et la nuit; l’embarcadère de Dangay, c’est un sacré joyeux port de mer, si jamais tu croises une corde… tu te pends. Enfin, on finira par trouver une chambre tres modeste avec une petite terrasse aérée, pas loin de la mer et éloignée quelque peu du bruit car nous sommes cernés par les karaoké.

le Melco bar

Dans l’apres-midi, nous nous baignerons en compagnie d’un petit groupe de joyeux et jeunes ados du village voisin; puis nous visiterons nos amies ADS et NINA du Melco bar, rencontrées quelques mois auparavant.

Demain, c’est la Saint Sylvestre et nous avons réservé au Buena Vista resort sur l’ile de Tablas. Cela va etre la surprise: peut etre que le champagne va couler à flot!!!

ROXAS/MINDORO-FERROL/TABLAS

Ce matin, grasse matinée: il fait beau et l’embarcadère est à un petit km; nous nous y presentons vers 9h en repérage: pas trop de monde ni bagage ni marchandise; la mer semble houleuse modérément. Nous ferons la traversée en compagnie de 2 français qui cherchent à faire de la plongée; comme d’hab les philippins seront tous couchés à somnoler ou à vomir.

Nous sommes en contact fréquent avec Marzia, la proprio du B Vista; elle suit notre progression: ici, la chambre est à 1200, au dessus des tarifs que nous recherchons, mais au diable l’avarice et les variqueux puisque c’est la saint sylvestre. Marzia nous texte que le menu de réveillon est à 1500p par tete soit 54e pour 2, ( nous mangeons fréquemment pour 100-200p/pers parfois plus, parfois moins ) et nous demande si cela nous intéresse…Nous sommes un peu surpris du prix car que peut-on manger d’exceptionnel á Ferrol, le bout du monde, ravitaillé par les cormorans? Nous nous prenons à rever: de la langouste peut etre, des huitres de mangrove, des pétoncles locales-on en a vu-,du foie gras à la truffe blanche du piemont, de la dinde locale aux épices d’asie, du gorgonzola, un tiramisu par ex… le tout arrosé de grands vins italiens blancs et rouges, ceci entouré d’italiens poussant la chansonnette!!! C’est un peu cher pour notre budget mais soyons fous, vivons intensément, cassons la tire-lire, nous acceptons car… c’est nouvel an malgré tout. Il faut marquer le coup.

notre bungalow face á la mer au Buena Vista

Le  » Glory Thunder  », notre bateau, arrivera à bon port vers 13h à Porcnoy pier, ville de Odiongan; un tricycle plus tard, nous croiserons un jeepney en partance pour Ferrol car c’est là que nous devons nous rendre . Notre vehicule est plein de gens chargés de courses pour la fin de l’année dont pas mal de pétards et fusées; c’est la tradition ici et tous les marchands en vendent. Le jeepney finira sa course en pleine nature, plus que nous à bord; il nous faut joindre Buena Vista par nos propres moyens, mais pas le moindre bike ni tricycle à l’horizon. Alors le chauffeur nous proposa de nous conduire jusqu’à B Vista moyennant un supplément , le  » special trip » ( le special trip est assez redoutable car il multiplie la course par 2 ou 3 voire 4, souvent proposé aux étrangers c’est de bonne guerre) soit 60p (1euro) de supplement par tete, ce que nous accepterons rapidement car tout à fait raisonnable.

coté cuisine

C’est ainsi que nous serons déposés juste devant notre hébergement, absolument pas signalé d’ailleurs: la jolie et blonde Alice,la  grande fille de la maison, nous accueillera … en Français.

LE REVEILLON

Apres une baignade rapide, nous prenons possession des lieux: trois bungalows sympa dont deux sont occupes par les proprios…; nous serons toujours etonnes par le fonctionnement aux philippines, en fait nous sommes les seuls hotes. Le repas sera servi a 19h30 spécialement pour nous et 2 voisins italiens, charmants par ailleurs et parlant le francais appris a l’ ecole. Nous vous laissons prendre connaissance du menu sur la photo.

menu spécial réveillon

En aperitif, jus de coco servi avec pizza maison, puis  grosse assiette de spagettis aux fruits de mer, suivi d’ un enorme poisson cuit a la braise que l’ on a attaque a la hache tant il etait ferme et pas fameux non plus ce  »ilac », puis tranches de thon frits, a volonte mais nous n’ avions plus trop faim, enfin grand plat de calamars en sauce servis avec ses petites pommes de terre sautees que nous gouterons du bout des levres, pour digerer surement un sorbet a la mandarine locale, suivi des desserts: shake a la mangue-banane et sa crepe au chocolat. Etonnant, non? et peu equilibre. Je sens que vous riez…pas d’ exces de boisson, juste de l’eau. Riez encore plus.

En resume, la compagnie etait agreable et a 10h, bonne annee et tout le monde au lit! Le comble, le lendemain nous découvrirons la basse-cour de nos italiens dont 4 magnifiques dindes…

Nous resterons la quelques jours, temps magnifique: promenade en barque sur les plages voisines; nous en trouverons une, jolie comme tout, pour construire une maison au bord de l’eau. Location de moto  pour nous rendre a Ondiongan saluer la famille de notre belle-fille.

RENDEZ-VOUS A CHARLIE’S POINT (BALER)

La lecture d’un article élogieux sur Baler, paradis des surfeurs, nous encourageat à nous y rendre . Au bout de 11 heures de voyage, de nombreux changements, quelques heures d’attente, nous atteindrons la cote est avec la nuit. C’est ainsi que nous serons face à l’océan pour l’arrivée de la tempete tropicale du 17 decembre.

Arrivés dans le noir, nous atterirons à l’arrache dans un hotel neuf de 6 mois mais déjá vieillissant, occupés par des gens de Manille assez bruyants (c’est les vacances). Le lendemain, suivant la plage, nous rencontrerons Dany, un mexicano propriétaire de quelques chambres pour surfeurs directement face á la mer, le Littles Girls surfers lodge: tout de suite, nous  avons vite senti que nous serons ici comme à la maison.

l'hebergement de Dany au titre adorable

C’est ici que nous verrons arriver la tempete tropicale qui fera 1000 morts et plus dans le sud de l’archipel: le vent atteindra 7okms et de grosses vagues se formeront; personne ne s’inquieterat outre mesure. Nous vivrons là en petit groupe sous la pluie et le vent, face à des vagues superbes pendant quelques jours: Adam un israélien, une américaine de Los Angeles, Anais une française enseignante à manille et surtout Marco notre cuisinier.

comme chez soi avec médor

Marco, surfeur et cuisinier dans l’ame, nous concoctait d’instinct des plats fabuleux (il savait plein de choses sur la France, adorait le foie gras, le comté…et admirait P Bocuse. Il nous ramenait du village du syrha et chardonnay  d’ australie que nous sirotions tranquillement; seul Dany finissait mal la journée à force de biére et gin, à 18h il n’était plus bon à rien et partait se coucher.

les assiettes de Marco cuisine fusion

tempete tropicale

Nous sommes dans un netcafé et pour une fois le chargement est rapide;on en profite, on vous envoie d’autres images.

la fine équipe de buveurs de bière

Au bout de 2 jours, profitant d’une éclaircie, nous pousserons une pointe jusqu’à Charlie’s point: Coppola y tourna la fameuse scène du gral de cavalerie qui voulait à tout prix négocier cette vague de charlie’s point, avant la fameuse scène de la charge des hélicos dans le film Apocalypse now. Quant à nos jeunes surfeurs , ils attendront en vain la vague de Cemento, la plus belle du quartier, entre temps nous serons repartis ailleurs.

retour de Charlie's point

LINGAYEN: ONE HUNDRED ISLANDS

100 ILES ET PLUS

MONSIEUR MARTIN ZOLLER, JE SUPPOSE ??

Nous arrivons sur le golfe de Lingayen, directement à Lucap, petite ville et point de départ des bateaux vers les iles; nous nous faisons déposer chez Maxine ( succursale d’un restaurant  parisien tres connu), resto sympa construit sur la mer et ventilé pour prendre une boisson fraiche; á la table voisine se restaure un couple mixte: je regarde l’homme qui ne me semble pas inconnu;  je le regarde plusieurs fois, mais j’ai des doutes…

Une fois reposés, il nous faut trouver une chambre. Nous croisons de nouveau notre homme; il parle avec la receptionniste avec un fort accent suisse et le doute n’est plus permis; je m’approche :  » etes vous Martin de Botolan »?- je lui dis.  »Oui, on se connait? »répond-il. Nous lui avions rendu visite 9 mois auparavant dans son zoo de Botolan.  » venez prendre un café, nous bavarderons un peu.. » Martin et sa femme revenaient d’une petite virée en moto á l’occasion d’une réunion entre residents suisses sur Angeles. Apres quelques échanges de bons tuyaux, il ajouta:  »the world is small » . C’est vrai.   »N ‘oubliez pas de vous arretter á la maison si vous repasser par là » ajouta t-il avec son énorme accent suisse-allemand.

Lucap est une petite ville, rien d’extraordinaire: la premiere nuit chez l’habitant, pas terrible , une expérience; pour la nuit suivante, on trouvera une petite chambre sympa, propre dans un hotel ne payant pas de mine, de là on dominera tout le port en compagnie d’un japonais tres discret.

notre boatman Bong…James Bong..!!

sirene

Demain, départ pour BALER sur la cote est de Luzon.

Retour à PUNDAQUIT: ZAMBALES et LINGAYEN

Le 11 dec, apres quelques jours dans le quartier de Makati, nous prenons la route vers le nord, direction Pundaquit. Nous connaissons le chemin déja, emprunté il y a quelque mois. Pour aller au terminal des bus, nous tenterons pour changer le metro: il existe 3 lignes de metro  , plutot aeriennes  et à petit cout, compter 15 pesos (0,25e) pour traverser la ville, mais souvent bondées; nous prendrons le LRT direction Monumento.

Départ de Caloocan vers 12h, avec le bus de la Victory Liner, apres avoir tourné-viré, s’etre arretté pour différents casse-croutes et connexions nous arrivons á San Antoño vers 15h30, encore 5mn de tricycle pour atteindre la plage de Pundaquit sous le soleil enfin revenu. Et là…désolation, l’hébergement de notre américain Kevin  (et la plage en general) avait ete ravagé par un coup de tabac au mois de novembre: K était entrain de restaurer ses paillotes,  des détritus jonchaient encore la superbe plage; et pour clore le tout, nous étions cernés par le karaoké beuglant du voisin et un chantier bruyant mitoyen (un japonais avait décidé de surélever un batiment pour créer… un restaurant de sushi, étrange idée pour un village de pecheurs, peu touristique)

plage de Pundakit

Voila comment un lieu sympa peut tourner au cauchemar ou presque: aux Philippines, les choses changent vite (un coup de vent, un coup de mer, un changement de proprio… et hop…): bien qu’ il ne restait plus que 1 porte sur 3 aux douches communes, nous prendrons malgré tout possession de notre nipa hut. La mer nous offrait de superbes rouleaux… et le soleil était là.

C’est là que nous ferons la connaissance de Paulo (nous l’avions deja croisé en mars 2011): chaque jour, Paulo arrivait torse nu et mal rasé dans son pick-up au Sun & Surf resort de Kevin.

Paulo était tres bavard, il avait un fort accent étonnant, il parlait anglais en roulant les rrr. » D’où viens-tu Paulo? »-je lui demande. Ainsi, je saurais la vie de Paulo qui ne demandait que ça…

Paulo était né en Egypte, d’origine italienne, et y avait vécu; en fait il parlait anglais avec un accent egyptien. Il s’était marié 3 fois: la 1ere fois, ça a tenu 1mois et demi, la 2eme fois un an et demi, la troisieme fois il a épousé une filipina et ça dure depuis 15 ans et demi ( Paulo etait tres attaché au mot demi ). Il parlait un excellent tagalog-avec son accent d’Egypte. Et tres bien le français aussi. Il savait tout sur tout ou peu sur pas grand chose, ce qui était parfois fatiguant; il annonçait les prix précis sur tout, ce qui était invérifiable et sans interet: tel hotel ou restaurant á Manille avait couté tant, son terrain en bord de mer coutait tant, la digue pour proteger son terrain de la mer allai lui couter tant..etc. Parfois, on rencontre des personnages qui fonctionnent comme cela, en vous donnant tous les prix.

Paulo, donc, avait participé avec l’entreprise italienne ENEL à la construction de la centrale de Creys-Malvile (on le croit); il aurait tenu un grand restaurant sur Makati  (on le croit moins), avant d’acheter une ferme á 20kms de là où il possédait des vaches !!! En ce moment, il restait sur son terrain de Pundakit á superviser quelque chose, mais quoi… P. carburait au gin et descendait 3 bouteilles de 33cl tous les jours -il en etait fier-, il commençait à 6h du mat jusqu’au soir par petites rasades.  »Paulo, c’est pas bon pour la santé », on lui disait. » C’est pas bon pour la santé, mais c’est bon pour moi », répondait-il, sur de son fait et la voix un peu pateuse. Sa femme lui téléphonait tous les jours pour lui demander de rentrer: il évoquait un probleme de moteur, un chantier à surveiller pour retarder le retour.

« Demain, il va falloir que je rentre  » disait Paulo   »oui, tu as interet car un jour elle va partir, ta femme » on lui disait.  »Celui qui prend ma femme, gare à lui; il ne connait pas les égyptiens… » répondait-il. Paulo, il avait aussi mange 50 huitres a Lingayen arrosees d’ une caisse de biere, rien que cela, faut-il le croire?  Des comiques comme Paulo, assis autour d’une table à refaire le monde, un verre à la main…on en croise plein ici. Kevin,lui, il aurait aimé qu’il vienne moins souvent mais c’était son gagne-pain.

Mika a grandi

C’est à ce moment-là… qu’arriva… le jeepney de TARLAC, bondé de personnes et de vivres. En descendit tout un groupe, des plus agés jusque aux plus petits  avec bagages, casseroles en alu, nourritures et boissons. Nous allions etre bon pour une séance de vidéoké: cela consiste à manger, boire et chanter en famille non stop pendant 24h. Nous allions etre cernés: le premier soir, epuisés par le décalage horaire, nous nous endormirons à quelques mètres des hauts parleurs  (et je ne me déplace pas sans les boules QUIES).

Le lendemain, tout ce petit monde se mit en branle progressivement des l’aube (4h-4h30) toilettes, ménage, cuisine. Ils avaient dormi éparpillés, les uns à meme le sol, les tables ou les bancs, d’autres dans des tentes montées sur la plage ; une famille avait loué un nipa et y avait dormi entassés. Qu’une chose á faire, fuir, trouver une occupation pour toute la journée, ce que nous ferons.

A notre retour, ils étaient encore lá mais on sentait que l’ambiance commencait á s’essoufler: le son du karaoké était devenu discordant, les bouteilles s’entassaient et on commençait á laver les casseroles en alu…A un moment donné, tout ce petit monde et sa batterie de casseroles regagnèrent le véhicule et le jeepney reprit le chemin de TARLAC, car Tarlac c’est pas à coté.

karaoké

C’est à voir, mais une fois seulement.

Karaoke: grand sport national avec la boxe et le Basket

regle d’or: ne jamais se moquer d’un participant car on n’est pas la pour bien chanter, mais pour s’amuser. Pour les europeens, c’ est assez dur, mais il faut accepter, nous sommes en visite.

Demain 13/12 depart en direction de Lingayen et les 100 iles.

MANILLE: notre quartier et l’ histoire

Notre rue est peu passante, elle abrite quelques bureaux, quelques banques, deux cafés qui s’éveillent en fin de journée et restent ouverts tard dans la nuit avec musique et chansons. Elle abrite aussi quelques cantines qui proposent des plats divers et bons marchés, à consommer sur place ou à emporter: ouverts 12h de rang, ça marche du tonnerre.

En fin de semaine, nous aimons flaner sur les marchés de Salcedo et Legaspi gardens, ouverts seulement le samedi et dimanche: marchés gourmets lancés par des gourmands regroupant des mets cosmopolites allant du pain français aux vins grecs et allemands en passant par les gateaux suisses, les crepes bretonnes, le poulet façon taiwan, le lait bio de carabao et autres artisans locaux…; on peut deguster sur place une cuisine locale et du monde …

Mais qui est ce célebre LEGAZPI? Miguel Lopez de Legazpi est né en Espagne, il part au Mexique en 1528 où il devient gouverneur de Mexico vers 1550; le roi d’Espagne le mandate pour une expédition dans le pacifique à la recherche des éternelles épices. Il débarque à Cebu vers 1565 où les espagnols et mexicains occupent le sol progrès-sivement. Ayant entendu parler de la richesse de Manila , ville alors musulmane en relation avec les marchands chinois, l’occupation de celle-ci est décidée en 1570 et en 1571 la ville fortifiée de INTRAMUROS débute. Epuisé, Legazpi meurt, pauvre, non remercié, en 1572 avant de voir sa ville déclarée un an plus tard  » ville la plus distinguée et la plus fidèle d’Espagne » , ceci  par son  bon roi.

Les rois sont ingrats , on le savait..

marché à Salcedo village

Et Juan de SALCEDO ? Né á Mexico en 1549, il est le petit fils de Legazpi; conquistador dans l’ame, il rejoindra le groupe de conquete du Pacifique et des Philippines en 1565 à l’age de 15 ans. Sur l’ordre de Legazpi, il dirigera une armée de 300 personnes pour prendre et pacifier Manille en 1569; l’année suivante, il réduira au silence les chefs musulmans et prendra le controle des terres autour de Manille. En 1575, vers Pangasinan, il décimera les pirates chinois et mettra en fuite leur flotte.

Une  simple fievre maligne l’emportera à Vigan vers  27 ans. Il faut se méfier des fièvres, on ne le dit pas assez…

Notre PAT à Legaspi Village

PAT=pied à terre

Nous sommes basés au P. Mansion, sur Palanca street, quartier de Legaspi village, un immeuble cossu en copropriété de 20 étages à double entrée. Chaque entrée est surveillée par un vigile armé,tenue blanche et bleue, pas toujours le meme, ça tourne: celui de l’entrée Palanca est assez beau garçon, et tres souriant; le vigile te dit bonjour, bonne fete, t’ouvre la porte, te porte tes paquets, te hèle un taxi, enfin il fait tout son possible pour te rendre la vie agréable…Les vigiles sont secondés par un maitre chien : celui-ci a 2 chiens, un pour le matin, un pour l’apres-midi je suppose, il faut bien que les chiens se reposent. Que font les chiens? Comme tous les chiens, ils reniflent…la drogue, les explosifs..!!! je ne sais pas vraiment.Tout ce petit monde nous protège. Enfin, je me sens en sécurité et… mes milliers  de pesos aussi. J’oubliais le chauffeur , attaché à l’ immeuble.

notre pat

Une fois à l’interieur, il y a le bureau de l’accueil: les hommes de l’accueil sont plusieurs et vetus de noir et très aimables. Notre pat au 6 étage est desservi par un double ascenseur: il s’ouvre avec un cui-cui d’oiseau; tous les matins un homme brique les cuivres et les glaces de l’ascenseur, d’autres astiquent les couloirs.

Au dernier étage, sur le toit, il y a une piscine propre à l’immeuble, avec des sièges et des chaises longues en bois, par ci par là quelques plantes vertes ; c’est un endroit tres agréable. Quelque part existe une salle de muscu, mais je suis trop musclé. Enfin, en bas, au r de c, une laverie pour les vetements, laundry…il y en a partout et c’est très bon marché soit 36pph/kg, 0,60e/kg, il ne faut pas s’en priver.

Je vous l’avais bien dit, nous p..ons dans la soie.

notre entrée

Autres images de Noel

Poinsettias sur le marché de Salcedo

Poinsettia ou étoile de noel, d’origine mexicaine, faisant partie des le XVI siecle de la tradition nord-américaine des  fetes de noel, servant à décorer, les eglises, les maisons, les entrées d’immeuble, les bureaux ou n’importe quel endroit. Sa forme étoilée rappelle l’étoile de Bethleem, sa couleur le sang du Christ qui s’est sacrifié pour nous…Alleluia

la mère noel, un peu floue

dans la galerie marchande

chocolatier de luxe

Retour à Manille

Nous voila de retour à Manille, 9 mois après.

Le voyage est toujours long: le premier tronçon Paris-Dubai ( 6H ) est confortable sur l’A380, nous ne sommes pas tassés; il restait meme des places.

Le tronçon Dubai- Manille dure 8h et l’avion est complet, complet; les philippins des Emirats rentrent aux pays pour les vacances de Noel avec beaucoup de bagages à main et en soute; le boeing est moins confortable, sans etre chauvin.

4h d’arret en pleine nuit lors de la correspondance sur Dubai: nous avons le temps de parcourir la zone de duty-free, elle fait plusieurs kms de long. Nous y verrons des arbres de noel !!! et des magasins d’alcool…

Nous arriverons à l’heure au dessus de Manille vers 16h30; les plaines environnantes sont gorgées d’eau avec les pluies de ces derniers jours.

La récupération des bagages et la sortie de l’aéroport seront longues. La douane zélée ouvrira notre colis en carton: je crus quelques instants qu’elle allait saisir nos conserves   de confit de canard, foie gras…,bouteilles de vin , fromages et charcuteries. Cela aurait été dommage …si près du but.

Nous quitterons l’aéroport avec la nuit noire (la nuit tombe vers 18h), et un temps maussade et lourd avant de joindre notre point d’attache dans Legaspi Village sur Makati.

Makati c’est le centre des affaires: nous sommes au milieu des magasins de luxe, Greenbelt, Glorietta et Landmark, à deux pas du palace le Shangri La. Dorénavant, nous vivrons dans le luxe pour rester poli. Comme la tendance est à la pluie, nous ferons donc les boutiques.

Greenbelt, c’est comme le Bon Marché, on y trouve tout le luxe international: Vuiton, Hermes, Lacoste, Lanvin, Gucci, les montres Audemart-Piguet. Glorietta et Landmark seraient les galeries Lafayette et le Printemps…; nous nous promenons là-dedans les yeux écarquillés, ça nous change de Cubjac avec ses magasins en liquidation et meme de Perigueux. C’est noir de monde, on y trouve de tout; les boutiques sont superbes. Nous regardons , nous observons, nous essayons de voir comment ça fonctionne, nous faisons de l’ethno-tourisme.

Chaque grande enseigne possede son propre service d’ordre, ses vigiles qui éffectuent aux entrées une fouille rapide des sacs avec un baton de bois , tout en vous souhaitant le bonjour, la bienvenue ou merry christmas…Certains vigiles sont meme vetus étonnement… de kilts écossais. Arbres et decorations de noel á tous les étages; en musique de fond, cantique et chants de noel. De temps á autres, on a  le droit à un petit spectacle: le personnel habillé en pere noel ou en …rennes (avec des bois sur la tete..oui,oui)  esquisse quelques pas de danse d’une chorégraphie bon enfant, en vous souhaitant merry christmas.

Le Poinsettia (6mois rouge 6mois vert, on le ainsi nommait quand j’étais gosse dans les iles) est la fleur du moment; il sert de décoration dans les escaliers, les entrées, les parterres, autour des arbres….ce rouge intense est d’un très bel effet. On le retrouve en motif sur les nappes, serviettes, sous forme de bougies décoratives…

Si vous allez en courses, n’y allez pas trop tot; ici, les magasins ouvrent à 10 et 11h; par contre, nocturnes tous les soirs.Et en traversant les rues, ouvrez l’oeil: ici, on ne respecte pas la priorité du piéton sur les clous, ou alors tendez fermement la main vers les autos pour réclamer le passage.

Dans ce pays globalement pauvre, nous découvrons une richesse insoupçonnée: des voitures haut de gamme, des 4×4 pleins les rues, des demeures magnifiques, des restaurants et cafés bondés, des boutiques rivalisant d’originalité…

On sent clairement, à coté de cela, l’émergence d’une classe moyenne qui découvre la consommation.

Quelques rues plus loin, la misère demeure….                          .