RENDEZ-VOUS A CHARLIE’S POINT (BALER)

La lecture d’un article élogieux sur Baler, paradis des surfeurs, nous encourageat à nous y rendre . Au bout de 11 heures de voyage, de nombreux changements, quelques heures d’attente, nous atteindrons la cote est avec la nuit. C’est ainsi que nous serons face à l’océan pour l’arrivée de la tempete tropicale du 17 decembre.

Arrivés dans le noir, nous atterirons à l’arrache dans un hotel neuf de 6 mois mais déjá vieillissant, occupés par des gens de Manille assez bruyants (c’est les vacances). Le lendemain, suivant la plage, nous rencontrerons Dany, un mexicano propriétaire de quelques chambres pour surfeurs directement face á la mer, le Littles Girls surfers lodge: tout de suite, nous  avons vite senti que nous serons ici comme à la maison.

l'hebergement de Dany au titre adorable

C’est ici que nous verrons arriver la tempete tropicale qui fera 1000 morts et plus dans le sud de l’archipel: le vent atteindra 7okms et de grosses vagues se formeront; personne ne s’inquieterat outre mesure. Nous vivrons là en petit groupe sous la pluie et le vent, face à des vagues superbes pendant quelques jours: Adam un israélien, une américaine de Los Angeles, Anais une française enseignante à manille et surtout Marco notre cuisinier.

comme chez soi avec médor

Marco, surfeur et cuisinier dans l’ame, nous concoctait d’instinct des plats fabuleux (il savait plein de choses sur la France, adorait le foie gras, le comté…et admirait P Bocuse. Il nous ramenait du village du syrha et chardonnay  d’ australie que nous sirotions tranquillement; seul Dany finissait mal la journée à force de biére et gin, à 18h il n’était plus bon à rien et partait se coucher.

les assiettes de Marco cuisine fusion

tempete tropicale

Nous sommes dans un netcafé et pour une fois le chargement est rapide;on en profite, on vous envoie d’autres images.

la fine équipe de buveurs de bière

Au bout de 2 jours, profitant d’une éclaircie, nous pousserons une pointe jusqu’à Charlie’s point: Coppola y tourna la fameuse scène du gral de cavalerie qui voulait à tout prix négocier cette vague de charlie’s point, avant la fameuse scène de la charge des hélicos dans le film Apocalypse now. Quant à nos jeunes surfeurs , ils attendront en vain la vague de Cemento, la plus belle du quartier, entre temps nous serons repartis ailleurs.

retour de Charlie's point

LINGAYEN: ONE HUNDRED ISLANDS

100 ILES ET PLUS

MONSIEUR MARTIN ZOLLER, JE SUPPOSE ??

Nous arrivons sur le golfe de Lingayen, directement à Lucap, petite ville et point de départ des bateaux vers les iles; nous nous faisons déposer chez Maxine ( succursale d’un restaurant  parisien tres connu), resto sympa construit sur la mer et ventilé pour prendre une boisson fraiche; á la table voisine se restaure un couple mixte: je regarde l’homme qui ne me semble pas inconnu;  je le regarde plusieurs fois, mais j’ai des doutes…

Une fois reposés, il nous faut trouver une chambre. Nous croisons de nouveau notre homme; il parle avec la receptionniste avec un fort accent suisse et le doute n’est plus permis; je m’approche :  » etes vous Martin de Botolan »?- je lui dis.  »Oui, on se connait? »répond-il. Nous lui avions rendu visite 9 mois auparavant dans son zoo de Botolan.  » venez prendre un café, nous bavarderons un peu.. » Martin et sa femme revenaient d’une petite virée en moto á l’occasion d’une réunion entre residents suisses sur Angeles. Apres quelques échanges de bons tuyaux, il ajouta:  »the world is small » . C’est vrai.   »N ‘oubliez pas de vous arretter á la maison si vous repasser par là » ajouta t-il avec son énorme accent suisse-allemand.

Lucap est une petite ville, rien d’extraordinaire: la premiere nuit chez l’habitant, pas terrible , une expérience; pour la nuit suivante, on trouvera une petite chambre sympa, propre dans un hotel ne payant pas de mine, de là on dominera tout le port en compagnie d’un japonais tres discret.

notre boatman Bong…James Bong..!!

sirene

Demain, départ pour BALER sur la cote est de Luzon.

Retour à PUNDAQUIT: ZAMBALES et LINGAYEN

Le 11 dec, apres quelques jours dans le quartier de Makati, nous prenons la route vers le nord, direction Pundaquit. Nous connaissons le chemin déja, emprunté il y a quelque mois. Pour aller au terminal des bus, nous tenterons pour changer le metro: il existe 3 lignes de metro  , plutot aeriennes  et à petit cout, compter 15 pesos (0,25e) pour traverser la ville, mais souvent bondées; nous prendrons le LRT direction Monumento.

Départ de Caloocan vers 12h, avec le bus de la Victory Liner, apres avoir tourné-viré, s’etre arretté pour différents casse-croutes et connexions nous arrivons á San Antoño vers 15h30, encore 5mn de tricycle pour atteindre la plage de Pundaquit sous le soleil enfin revenu. Et là…désolation, l’hébergement de notre américain Kevin  (et la plage en general) avait ete ravagé par un coup de tabac au mois de novembre: K était entrain de restaurer ses paillotes,  des détritus jonchaient encore la superbe plage; et pour clore le tout, nous étions cernés par le karaoké beuglant du voisin et un chantier bruyant mitoyen (un japonais avait décidé de surélever un batiment pour créer… un restaurant de sushi, étrange idée pour un village de pecheurs, peu touristique)

plage de Pundakit

Voila comment un lieu sympa peut tourner au cauchemar ou presque: aux Philippines, les choses changent vite (un coup de vent, un coup de mer, un changement de proprio… et hop…): bien qu’ il ne restait plus que 1 porte sur 3 aux douches communes, nous prendrons malgré tout possession de notre nipa hut. La mer nous offrait de superbes rouleaux… et le soleil était là.

C’est là que nous ferons la connaissance de Paulo (nous l’avions deja croisé en mars 2011): chaque jour, Paulo arrivait torse nu et mal rasé dans son pick-up au Sun & Surf resort de Kevin.

Paulo était tres bavard, il avait un fort accent étonnant, il parlait anglais en roulant les rrr. » D’où viens-tu Paulo? »-je lui demande. Ainsi, je saurais la vie de Paulo qui ne demandait que ça…

Paulo était né en Egypte, d’origine italienne, et y avait vécu; en fait il parlait anglais avec un accent egyptien. Il s’était marié 3 fois: la 1ere fois, ça a tenu 1mois et demi, la 2eme fois un an et demi, la troisieme fois il a épousé une filipina et ça dure depuis 15 ans et demi ( Paulo etait tres attaché au mot demi ). Il parlait un excellent tagalog-avec son accent d’Egypte. Et tres bien le français aussi. Il savait tout sur tout ou peu sur pas grand chose, ce qui était parfois fatiguant; il annonçait les prix précis sur tout, ce qui était invérifiable et sans interet: tel hotel ou restaurant á Manille avait couté tant, son terrain en bord de mer coutait tant, la digue pour proteger son terrain de la mer allai lui couter tant..etc. Parfois, on rencontre des personnages qui fonctionnent comme cela, en vous donnant tous les prix.

Paulo, donc, avait participé avec l’entreprise italienne ENEL à la construction de la centrale de Creys-Malvile (on le croit); il aurait tenu un grand restaurant sur Makati  (on le croit moins), avant d’acheter une ferme á 20kms de là où il possédait des vaches !!! En ce moment, il restait sur son terrain de Pundakit á superviser quelque chose, mais quoi… P. carburait au gin et descendait 3 bouteilles de 33cl tous les jours -il en etait fier-, il commençait à 6h du mat jusqu’au soir par petites rasades.  »Paulo, c’est pas bon pour la santé », on lui disait. » C’est pas bon pour la santé, mais c’est bon pour moi », répondait-il, sur de son fait et la voix un peu pateuse. Sa femme lui téléphonait tous les jours pour lui demander de rentrer: il évoquait un probleme de moteur, un chantier à surveiller pour retarder le retour.

« Demain, il va falloir que je rentre  » disait Paulo   »oui, tu as interet car un jour elle va partir, ta femme » on lui disait.  »Celui qui prend ma femme, gare à lui; il ne connait pas les égyptiens… » répondait-il. Paulo, il avait aussi mange 50 huitres a Lingayen arrosees d’ une caisse de biere, rien que cela, faut-il le croire?  Des comiques comme Paulo, assis autour d’une table à refaire le monde, un verre à la main…on en croise plein ici. Kevin,lui, il aurait aimé qu’il vienne moins souvent mais c’était son gagne-pain.

Mika a grandi

C’est à ce moment-là… qu’arriva… le jeepney de TARLAC, bondé de personnes et de vivres. En descendit tout un groupe, des plus agés jusque aux plus petits  avec bagages, casseroles en alu, nourritures et boissons. Nous allions etre bon pour une séance de vidéoké: cela consiste à manger, boire et chanter en famille non stop pendant 24h. Nous allions etre cernés: le premier soir, epuisés par le décalage horaire, nous nous endormirons à quelques mètres des hauts parleurs  (et je ne me déplace pas sans les boules QUIES).

Le lendemain, tout ce petit monde se mit en branle progressivement des l’aube (4h-4h30) toilettes, ménage, cuisine. Ils avaient dormi éparpillés, les uns à meme le sol, les tables ou les bancs, d’autres dans des tentes montées sur la plage ; une famille avait loué un nipa et y avait dormi entassés. Qu’une chose á faire, fuir, trouver une occupation pour toute la journée, ce que nous ferons.

A notre retour, ils étaient encore lá mais on sentait que l’ambiance commencait á s’essoufler: le son du karaoké était devenu discordant, les bouteilles s’entassaient et on commençait á laver les casseroles en alu…A un moment donné, tout ce petit monde et sa batterie de casseroles regagnèrent le véhicule et le jeepney reprit le chemin de TARLAC, car Tarlac c’est pas à coté.

karaoké

C’est à voir, mais une fois seulement.

Karaoke: grand sport national avec la boxe et le Basket

regle d’or: ne jamais se moquer d’un participant car on n’est pas la pour bien chanter, mais pour s’amuser. Pour les europeens, c’ est assez dur, mais il faut accepter, nous sommes en visite.

Demain 13/12 depart en direction de Lingayen et les 100 iles.

MANILLE: notre quartier et l’ histoire

Notre rue est peu passante, elle abrite quelques bureaux, quelques banques, deux cafés qui s’éveillent en fin de journée et restent ouverts tard dans la nuit avec musique et chansons. Elle abrite aussi quelques cantines qui proposent des plats divers et bons marchés, à consommer sur place ou à emporter: ouverts 12h de rang, ça marche du tonnerre.

En fin de semaine, nous aimons flaner sur les marchés de Salcedo et Legaspi gardens, ouverts seulement le samedi et dimanche: marchés gourmets lancés par des gourmands regroupant des mets cosmopolites allant du pain français aux vins grecs et allemands en passant par les gateaux suisses, les crepes bretonnes, le poulet façon taiwan, le lait bio de carabao et autres artisans locaux…; on peut deguster sur place une cuisine locale et du monde …

Mais qui est ce célebre LEGAZPI? Miguel Lopez de Legazpi est né en Espagne, il part au Mexique en 1528 où il devient gouverneur de Mexico vers 1550; le roi d’Espagne le mandate pour une expédition dans le pacifique à la recherche des éternelles épices. Il débarque à Cebu vers 1565 où les espagnols et mexicains occupent le sol progrès-sivement. Ayant entendu parler de la richesse de Manila , ville alors musulmane en relation avec les marchands chinois, l’occupation de celle-ci est décidée en 1570 et en 1571 la ville fortifiée de INTRAMUROS débute. Epuisé, Legazpi meurt, pauvre, non remercié, en 1572 avant de voir sa ville déclarée un an plus tard  » ville la plus distinguée et la plus fidèle d’Espagne » , ceci  par son  bon roi.

Les rois sont ingrats , on le savait..

marché à Salcedo village

Et Juan de SALCEDO ? Né á Mexico en 1549, il est le petit fils de Legazpi; conquistador dans l’ame, il rejoindra le groupe de conquete du Pacifique et des Philippines en 1565 à l’age de 15 ans. Sur l’ordre de Legazpi, il dirigera une armée de 300 personnes pour prendre et pacifier Manille en 1569; l’année suivante, il réduira au silence les chefs musulmans et prendra le controle des terres autour de Manille. En 1575, vers Pangasinan, il décimera les pirates chinois et mettra en fuite leur flotte.

Une  simple fievre maligne l’emportera à Vigan vers  27 ans. Il faut se méfier des fièvres, on ne le dit pas assez…

Notre PAT à Legaspi Village

PAT=pied à terre

Nous sommes basés au P. Mansion, sur Palanca street, quartier de Legaspi village, un immeuble cossu en copropriété de 20 étages à double entrée. Chaque entrée est surveillée par un vigile armé,tenue blanche et bleue, pas toujours le meme, ça tourne: celui de l’entrée Palanca est assez beau garçon, et tres souriant; le vigile te dit bonjour, bonne fete, t’ouvre la porte, te porte tes paquets, te hèle un taxi, enfin il fait tout son possible pour te rendre la vie agréable…Les vigiles sont secondés par un maitre chien : celui-ci a 2 chiens, un pour le matin, un pour l’apres-midi je suppose, il faut bien que les chiens se reposent. Que font les chiens? Comme tous les chiens, ils reniflent…la drogue, les explosifs..!!! je ne sais pas vraiment.Tout ce petit monde nous protège. Enfin, je me sens en sécurité et… mes milliers  de pesos aussi. J’oubliais le chauffeur , attaché à l’ immeuble.

notre pat

Une fois à l’interieur, il y a le bureau de l’accueil: les hommes de l’accueil sont plusieurs et vetus de noir et très aimables. Notre pat au 6 étage est desservi par un double ascenseur: il s’ouvre avec un cui-cui d’oiseau; tous les matins un homme brique les cuivres et les glaces de l’ascenseur, d’autres astiquent les couloirs.

Au dernier étage, sur le toit, il y a une piscine propre à l’immeuble, avec des sièges et des chaises longues en bois, par ci par là quelques plantes vertes ; c’est un endroit tres agréable. Quelque part existe une salle de muscu, mais je suis trop musclé. Enfin, en bas, au r de c, une laverie pour les vetements, laundry…il y en a partout et c’est très bon marché soit 36pph/kg, 0,60e/kg, il ne faut pas s’en priver.

Je vous l’avais bien dit, nous p..ons dans la soie.

notre entrée

Autres images de Noel

Poinsettias sur le marché de Salcedo

Poinsettia ou étoile de noel, d’origine mexicaine, faisant partie des le XVI siecle de la tradition nord-américaine des  fetes de noel, servant à décorer, les eglises, les maisons, les entrées d’immeuble, les bureaux ou n’importe quel endroit. Sa forme étoilée rappelle l’étoile de Bethleem, sa couleur le sang du Christ qui s’est sacrifié pour nous…Alleluia

la mère noel, un peu floue

dans la galerie marchande

chocolatier de luxe

Retour à Manille

Nous voila de retour à Manille, 9 mois après.

Le voyage est toujours long: le premier tronçon Paris-Dubai ( 6H ) est confortable sur l’A380, nous ne sommes pas tassés; il restait meme des places.

Le tronçon Dubai- Manille dure 8h et l’avion est complet, complet; les philippins des Emirats rentrent aux pays pour les vacances de Noel avec beaucoup de bagages à main et en soute; le boeing est moins confortable, sans etre chauvin.

4h d’arret en pleine nuit lors de la correspondance sur Dubai: nous avons le temps de parcourir la zone de duty-free, elle fait plusieurs kms de long. Nous y verrons des arbres de noel !!! et des magasins d’alcool…

Nous arriverons à l’heure au dessus de Manille vers 16h30; les plaines environnantes sont gorgées d’eau avec les pluies de ces derniers jours.

La récupération des bagages et la sortie de l’aéroport seront longues. La douane zélée ouvrira notre colis en carton: je crus quelques instants qu’elle allait saisir nos conserves   de confit de canard, foie gras…,bouteilles de vin , fromages et charcuteries. Cela aurait été dommage …si près du but.

Nous quitterons l’aéroport avec la nuit noire (la nuit tombe vers 18h), et un temps maussade et lourd avant de joindre notre point d’attache dans Legaspi Village sur Makati.

Makati c’est le centre des affaires: nous sommes au milieu des magasins de luxe, Greenbelt, Glorietta et Landmark, à deux pas du palace le Shangri La. Dorénavant, nous vivrons dans le luxe pour rester poli. Comme la tendance est à la pluie, nous ferons donc les boutiques.

Greenbelt, c’est comme le Bon Marché, on y trouve tout le luxe international: Vuiton, Hermes, Lacoste, Lanvin, Gucci, les montres Audemart-Piguet. Glorietta et Landmark seraient les galeries Lafayette et le Printemps…; nous nous promenons là-dedans les yeux écarquillés, ça nous change de Cubjac avec ses magasins en liquidation et meme de Perigueux. C’est noir de monde, on y trouve de tout; les boutiques sont superbes. Nous regardons , nous observons, nous essayons de voir comment ça fonctionne, nous faisons de l’ethno-tourisme.

Chaque grande enseigne possede son propre service d’ordre, ses vigiles qui éffectuent aux entrées une fouille rapide des sacs avec un baton de bois , tout en vous souhaitant le bonjour, la bienvenue ou merry christmas…Certains vigiles sont meme vetus étonnement… de kilts écossais. Arbres et decorations de noel á tous les étages; en musique de fond, cantique et chants de noel. De temps á autres, on a  le droit à un petit spectacle: le personnel habillé en pere noel ou en …rennes (avec des bois sur la tete..oui,oui)  esquisse quelques pas de danse d’une chorégraphie bon enfant, en vous souhaitant merry christmas.

Le Poinsettia (6mois rouge 6mois vert, on le ainsi nommait quand j’étais gosse dans les iles) est la fleur du moment; il sert de décoration dans les escaliers, les entrées, les parterres, autour des arbres….ce rouge intense est d’un très bel effet. On le retrouve en motif sur les nappes, serviettes, sous forme de bougies décoratives…

Si vous allez en courses, n’y allez pas trop tot; ici, les magasins ouvrent à 10 et 11h; par contre, nocturnes tous les soirs.Et en traversant les rues, ouvrez l’oeil: ici, on ne respecte pas la priorité du piéton sur les clous, ou alors tendez fermement la main vers les autos pour réclamer le passage.

Dans ce pays globalement pauvre, nous découvrons une richesse insoupçonnée: des voitures haut de gamme, des 4×4 pleins les rues, des demeures magnifiques, des restaurants et cafés bondés, des boutiques rivalisant d’originalité…

On sent clairement, à coté de cela, l’émergence d’une classe moyenne qui découvre la consommation.

Quelques rues plus loin, la misère demeure….                          .

Derniere ligne droite: Botolan,Iba et Manille.

– samedi 12/03 – à regret, nous quittons Kevin, sa compagne, la petite Mika, la souriante Marie qui cuisinait si bien; nous avions pris nos aises autour de la table ronde: repas, conversations, parties de cartes… nous jurons de revenir l’année prochaine.

Marie, cuisinière et chauffeur de tricycle

Marie, cuisinière et chauffeur de tricycle

Il fait  toujours beau et déja chaud, nous attrapons un vieux car bleu, un peu pourri mais bon marché pour Botolan , à deux pas vers le nord (45kms environ); nous toucherons de bonne heure le Rama Beach Resort, recommandé par le guide, un complexe un peu vieillot sur une immense plage cendrée, peu de monde: à midi , casse-croute, lecture et sieste dans un des nombreux kubos (constructions de plage en bambou) dominant la mer; puis promenade en front de mer: la mer est puissante  ( mer de chine, pas très caline) avec de nombreuses vagues, mer qui n’hésite pas à reconquérir ses droits sur des batiments construits imprudemment trop près de l’eau…Dans l’après-midi, nous pousserons  une pointe jusqu’à Iba, grosse ville sans interet, nous a-t-il semblé: ce sera le point le plus au nord de notre séjour philippin; nous reviendrons approfondir la région une prochaine fois. Le soir, diner sur place au Rama: la télé passe en boucle les dramatiques images du Japon. Dimanche matin, nous quitterons le Rama pour le West Coast  Beach resort voisin, plus coquet, plus gai, à prix d’ami, pour notre dernière nuit: hormis une famille française de Manille, nous serons seuls.

bus un peu fatigué mais…rabais pour les seniors

Pour midi, déjeuner dans une modeste cantine autour du marché de Botolan (60p=1€ pour deux, un peu cher) puis dans la foulée, visite du zoo du suisse Martin Zoller en pleine nature: Martin est très bavard et ravi de nous voir, il nous raconte ses projets, son action pour le maintien des villages aétas, son amour des monts Zambales et nous propose de nous y conduire à la prochaine occasion.

le tigre de Martin Zoller

le tigre de Martin Zoller

 

Je sens qu’on va etre obligé de revenir. Puis dernière baignade sur la west coast, dernière lecture sur la plage, dernier coucher de soleil avant un dernier cocktail au Tanduay (rhum local). Le bar du West Coast est vraiment réussi, contruit à raz de l’océan, nous y prendrons quelques consommations, face au ciel rougeoyant du soleil couchant, entourés de scandinaves septuagénaires qui vivaient dans les somptueuses villas voisines: tous les soirs ces vieux messieurs descendaient y prendre un verre …c’est dans des instants comme cela que je me dis que la vie vaut d’etre vécu…

Lundi 14, nous attraperons à jeun et devant l’hotel, le bus de la Victory de 6h20 pour Manille afin de passer les dernières heures à venir avec notre belle fille Amor.Le bus air conditionné express nous conduira en 5h et 195km jusqu’à Caloocan, banlieue de manille; là, nous ferons l’érreur de vouloir traverser la ville en jeepney, ce que nous ferons en 2h mais on voit du pays; il vaut mieux prendre le métro. Enfin, à 14h, nous nous mettrons à table avec Amor.

Voila , le séjour se termine: demain, retour vers la France par le vol de 17h30; deux mois déja, nous n’avons pas vu passer le temps; le pays nous plait, vous l’avez compris et je pense que nous reviendrons bientot.

La cote de ZAMBALES et le TSUNAMI

-le 9/03- pour la dernière semaine avant le grand retour vers la France, nous filons vers le nord de Manille sur la cote de Zambales  (ressemblance avec notre cote atlantique, plages immenses) qui attirent les surfeurs à la période des belles vagues. Ceci par le bus de la Victory Liner direction Olongapo, puis changement pour San Antonio. La Victory Liner, c’est du sérieux: beaux bus climatisés-parfois trop climatisés- départ à l’heure, tarif en conséquence… Partis vers 9h30 de Pasay, nous arriverons vers 15h sur le village côtier de Pundakit, après avoir fait les derniers 4 kms en tricycle.

bateaux sur la plage de Pundakit

La large plage de Pundakit est envahie par les bateaux de peche et offre de nombreuses possibilités de couchage. Nous atterrirons chez Kevin, l’américain fou, au feeling parce que sa maison nous plaisait et qu’il était debout dans sa véranda, regardant le large. Nous dormirons donc dans une hut, petite construction minimaliste en bambou sur pilotis, toit en kogon (chaume local), 2m sur 2m40, face à la mer avec une table et banc en bambou; sanitaires communs mais nous sommes tout seuls; nous descendons dans la classe hotelière mais le prix aussi baisse: 500p la nuitée soit 8 euros, ça nous convient. Nous passerons 3 jrs au Surf et Sun resort, avec le beau temps.

notre kogon hut á Pundakit

Notre américain s’appelait K. Devine, cela ne s’invente pas; on sentait qu’il était content de nous voir et de parler; ici, le touriste étranger semblait rare en ce moment. Comme beaucoup de gens rencontrés dans notre périple, il sortait de la norme: vétu d’un unique bermuda, il était en permanence torse nu et allait pied nu à la ville comme à la montagne; il était coiffé d’une courte natte de cheveux blancs, postérieure et médiane, tressée serrée avec minutie, de celle que l’on voit dans les films de pirates. On le nommait  »the crazy american ». Notre américain avait pas mal bourlingué: après plusieurs unions, il avait eu un fils, agé aujourd’hui de 22 ans et qui vivait à Boston. Un jour, K décida de s’installer sur Pundakit pour monter sa petite entreprise; maintenant il vivait avec une jeune philippine de 23 ans: celle-ci avait déja une jolie gamine de 2 ans que notre américain élevait avec poigne et tendresse. Quand K repartait aux E.U., c’était pour gagner un peu d’argent en remuant la pelle et la pioche dans le batiment. Entourés de ce petit monde, nous organiserons notre vie pour quelques jours autour d’une table commune: repas, parties de carte…

Le lendemain, lever à l’aube: à 7h, départ à la fraiche avec Kevin en direction des collines en suivant le lit desséché de la rivière pour atteindre au bout de 45 mn les swimming-pools, des baignoires naturelles où on pouvait faire trempette; Kevin était toujours pieds nus, torse nu, et était équipé de 2 haltères pour muscler ses bras tout en marchant (vous comprendrez mieux pourquoi on le nommait l’américain fou); cout de la randonnée: 30p/personne pour 90 mn de rando, soit 0,50 euro, meme le prix était fou.

promenade avec kevin

promenade avec kevin

Revenus à 9h au village, nous avions le temps de nous organiser pour nous rendre à Anawangin Cove, jolie anse isolée à une heure de bateau pour pique-niquer et jouer à R Crusoe. Tout est prévu pour résider sur place: possibilité de camping, toilettes et douches communes aménagées avec eau de recup, pas d’électricité mais location de lampes à pétrole, propreté garantie et charte de respect de la nature de la part de la municipalité, du jamais vu; mais ne pas oublier de venir avec les courses…ici pas de grandes surfaces. Peu de cocotiers en raison de la sécheresse, surtout des pin-trees (le filao des antilles, espèce de conifères). Si ça vous dit…La mer s’étant levée entre temps, suivant la cote rocheuse au plus près, nous rentrerons trempés. Demain direction Aglao, le lac Mapanuepe et la population des Aetas, dans les montagnes…

plage comme déserte: Anawanguin cove

plage comme déserte: Anawanguin cove

-le 11/03. Réveil de bon matin; Marie la cuisinière nous conduira en tricycle a San Fernando; un petit tour sur le marché superbe de produits frais (crevettes et poissons encore frétillants) pour préparer le casse-croute du midi. Ce sera pain aux sardines + kamatis (tomates locales) croque au sel et calamansi (citron local) + saging (bananes) + tubig (eau) car il va faire chaud. Nous croiserons quelques aetas, petits individus à peau noire et cheveux frisés faisant songer à des pygmés, encore appelés  »négritos », petits noirs. Puis bus 10 mn vers San Marcelino, enfin jeepney pour 13 km de piste: nous longerons de larges fleuves de sable gris, de ponce et de lahar charroyés depuis les pentes du Pinatubo. Arrivée à Aglao vers 11h30, village calme et propre à flanc de montagne descendant vers le lac Mapanuepe; nous mangerons sur ses rives et nous assisterons à l’arrivée d’une embarcation: une femme aéta son nourrisson dans les bras accompagnée de son fils bras en écharpe en débarqueront en silence. Nous aurions aimé traverser le lac pour approcher les villages aétas, mais ça ne s’est pas fait. Une prochaine fois peut etre…

lac Mapanuepe

lac Mapanuepe, au pied du Pinatubo

Le village est particulierement calme et propre, un peu partout des poubelles à tri selectif (un balbutiement de conscience écologique). Nous croiserons juste Elisabeth, une filipina qui avait travaillé aux Emirats et qui était revenue au pays: nous avions soif et elle nous apportera de l’eau. Pas de circulation: le prochain jeepney pour le retour est annoncé pour 16h. Nous décidons de ne pas attendre et de prendre les devants: nous suivrons la piste pendant 2 heures, admirant le fleuve de cendres; nous croiserons quelques habitats aétas: ce peuple vit dans de petites maisons en bambou avec pas grand chose. Nous attraperons le jeepney au vol à 5km de l’arrivée… A San Fernando, Kevin, son amie et la moto nous attendaient.

Kevin a un accent americain très prononcé, nous avions du mal à le comprendre d’ordinaire; mais là nous devinions que la situation était grave: son fils lui avait téléphoné de Boston pour lui signaler le séisme japonais et le risque de tsunami pour nous. Nous étions assez confiants quant au positionnement de notre plage face à une vague éventuelle: située sur la cote ouest, elle était plutot à l’abri; la cote est de Luzon était par contre exposée. Quelle attitude adoptér ? D’un commun accord, nous décidons de gagner notre plage et de nous rendre sur le net pour obtenir des infos. Le Gouvernement philippin ne semblait pas inquiet-apprendrons nous- et lancait une alerte et appel à la prudence sur les cotes orientales et sur Manille, les zones les plus exposées…Nous trouverons des messages d’inquiétude, notre fils Thibault fut très réactif et nous encourageait à la prudence: « faites gaffe, tsunami…c’est peut etre le moment d’aller à la montagne ». La montagne!! on en revenait justement. D’ autres messages: « où etes-vous? Je suis inquiète », « grimpez haut », « ça m’inquiète, j’espère vous revoir bientot », « revenez vite »…puis de nombreux messages de soulagement après que nous ayons donné des nouvelles rassurantes. Ca a du bon internet, tout de meme!!

table d'hotes et petit dej en quelque sorte

table d’hotes et petit dej en quelque sorte

Sur la plage, pas de signe de panique chez les pecheurs: seules les embarcations seront tirées plus haut sur la grève; et nous dormirons sur nos deux oreilles. Le lendemain, la vie reprendra et dès 6h les pecheurs iront en mer à la peche ou convoyer des touristes sur les iles voisines. 220.000 personnes auront été malgré tout déplacées, des vagues de 0,50 à 1m atteindront les cotes pacifiques du pays, sans gravité. Ce ne sera pas le cas du Japon…Demain, nouveau départ vers Botolan. Grand soleil toujours.

coucher de soleil sur les Capones en attendant un éventuel tsunami

coucher de soleil sur les Capones en attendant un éventuel tsunami